Relançons les jumelages

Depuis la fusion de 2002, la Ville de... (Photo: Stéphane Lessard, Archives, Le Nouvelliste)

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Depuis la fusion de 2002, la Ville de Trois-Rivières a complètement abandonné les jumelages qui liaient les anciennes villes de Trois-Rivières et de Cap-de-la-Madeleine à Tours et à Châteaudun, en France.

Photo: Stéphane Lessard, Archives, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Depuis la fusion de 2002, la Ville de Trois-Rivières a complètement abandonné les jumelages qui liaient les anciennes villes de Trois-Rivières et de Cap-de-la-Madeleine à Tours et à Châteaudun, en France. Il serait intéressant que quelqu'un, à la Ville ou à IDE Trois-Rivières, s'intéresse à l'idée de relancer ces jumelages.

Pourquoi? Parce qu'il y a des exemples de villes où ça fonctionne. Et parce que le bilan de Trois-Rivières en ce qui a trait à la prospection internationale et au développement des affaires à l'étranger est pas loin d'être nul.

Innovation et développement économique (IDE) présentait mardi son bilan annuel avec plusieurs réalisations intéressantes et des exemples de retombées positives pour plusieurs projets, mais rien sur le développement international.

Or, il s'agit certainement d'une fenêtre intéressante pour le développement. Et la solution la plus simple serait de relancer les jumelages, particulièrement celui avec Tours, en France.

L'amitié entre Trifluviens et Tourangeaux datait de 1973, alors que l'accord de jumelage entre les deux villes avait été scellé. Longtemps, le jumelage se concrétisait surtout par des échanges culturels, des amitiés transatlantiques et quelques étudiants qui s'échangeaient des emplois d'été.

Il y a moyen de rendre efficaces et viables des jumelages sur le plan du développement économique.

Drummondville est jumelée depuis 1982 à La Roche-sur-Yon, dans le Pays-de-la-Loire, une ville de 53 000 habitants au coeur d'une agglomération qui en compte 116 000.

Les agences de développement des deux villes, dont la dynamique Société de développement économique de Drummondville, se sont engagées à favoriser le développement des entreprises de leurs territoires respectifs.

Concrètement, l'incubateur de l'agglomération de La Roche-sur-Yon offre un an de loyer et ses services auprès des entreprises drummondvilloises désireuses de développer des activités sur le territoire français.

À Drummondville, l'incubateur industriel offre une année de loyer aux entreprises vendéennes engagées dans une même démarche au Québec.

C'est tout simple et ça marche. Parlez-en aux dirigeants de l'entreprise Brochard, spécialisée dans la fabrication de machines agricoles.

Installée depuis peu dans l'incubateur drummondvillois, la compagnie développe une toute nouvelle clientèle, celle de l'Amérique du Nord. Quand un marché s'ouvre, avec une présence sur place, le carnet de commandes s'épaissit et ça fait travailler du monde.

Évidemment, il faut une volonté politique pour faire vivre des jumelages. Drummondville entretient ses échanges avec La Roche-sur-Yon, mais aussi avec Braine-l'Alleud, en Belgique, et avec la Communauté de communes du Kochersberg et de l'Ackerland, en Alsace. Le maire, Alexandre Cusson, en est très fier.

Ici, on n'a jamais même prévenu les gens de Tours ou de Châteaudun qu'on n'était plus intéressé par les jumelages. Un fonctionnaire municipal de Tours avait déjà mentionné que sa ville se considérait toujours jumelée à Trois-Rivières, «parce que des jumelages, ça ne se défait pas».

Mais à Trois-Rivières, les jumelages ne vivent plus. Le maire Yves Lévesque avait déjà dit qu'il préférait des missions économiques ponctuelles pour développer des liens d'affaires à l'étranger.

Mais que reste-t-il des missions économiques trifluviennes en Italie? Les chaudrons de Donato Di Tullio et de son entreprise Qualitynox n'ont fait que passer à Trois-Rivières le temps d'une vente de feu. Et l'usine de produits d'entretien ménager de l'entreprise italienne Arix n'a jamais vu le jour non plus.

Quels sont les fruits du démarchage qui a été fait en Allemagne? La faillite de Plastiques JW, qui n'a jamais vraiment décollé dans le parc industriel des Hautes-Forges et qui a conduit à la perte de près de 1,2 million $ de fonds publics, dont 372 000 $ provenant d'IDE Trois-Rivières.

Il y a des villes qui se font une fierté de développer et d'entretenir des amitiés internationales. Il y a surtout des décideurs convaincus que ça peut porter fruit.

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