PKP, Julie et l'exemple

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Julie Snyder et Pierre Karl Péladeau lors des funérailles de Jacques Parizeau.

La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les choses ne sont jamais simples au Parti québécois. Quand ce n'est pas les militants ou les députés eux-mêmes qui se compliquent la tâche, ce sont des facteurs extérieurs qui s'en chargent: les autres partis, les méchants médias, les analystes politiques ou Julie Snyder.

Oui, Julie Snyder. Son passage remarqué à Tout le monde en parle a certainement accéléré la décision du chef péquiste. Visiblement, Pierre Karl Péladeau a fait le constat de l'impossibilité de concilier la vie de famille - quelque éclatée qu'elle puisse être - et la vie politique. Et visiblement, la nécessité de faire un choix est venue le happer en pleine face.

C'est un curieux alignement de planètes auquel on assiste depuis dimanche soir. D'abord Julie Snyder qui s'ouvre et qui parle avec une franchise aussi étonnante que retentissante à Tout le monde en parle, puis, moins de vingt-quatre heures plus tard, son ex-mari qui quitte la vie politique. Y a-t-il un lien? Clairement. Les deux ont parlé de l'importance d'être un exemple pour leurs enfants. Dans les mêmes mots ou presque.

Dimanche soir, Julie Snyder a dit à Guy A. Lepage, en parlant de sa séparation et du processus de médiation en cours: «C'est un beau défi la médiation. On travaille fort. [...] Nos enfants apprennent beaucoup par l'exemple, j'espère qu'on va être un bon exemple.»

Et lundi, dans sa déclaration très émotive qu'il a livrée aux médias, Pierre Karl Péladeau indiquait: «Je prends cette décision pour le bien de mes enfants. Je dois pour eux demeurer un exemple.»

Cela ne semble pas faire de doute que ce sont bel et bien, dans ce cas-ci, des raisons familiales qui ont poussé PKP à annoncer sa démission. Dans bien des cas, en politique, les «raisons familiales» sont souvent un prétexte.

Mais PKP n'avait pas mal fait à la tête du Parti québécois, même si les sondages donnaient toujours le Parti libéral en avance. Le PQ est un parti qui a l'habitude de manger ses chefs. Dans le cas de Péladeau, toutefois, on n'en était pas là. Du moins, pas encore.

Il y a bien eu des faux pas, puis des remaniements au sein de l'équipe de travail. Pas plus tard que la semaine dernière, on annonçait le déplacement de Pierre Duchesne du poste de chef de cabinet à un poste de conseiller spécial.

Mais PKP était bien en selle à la tête du Parti québécois. Il devenait un parlementaire redoutable et un chef de l'opposition qui savait sur quels clous frapper. Il avait surtout trouvé un ton plus juste, un ton de politicien bien plus qu'un ton de chef d'entreprise.

Sa démission forcera le Parti québécois à se lancer dans une nouvelle course à la direction. Inévitablement, les candidats défaits lors de la course de 2014-2015 deviennent des incontournables dans la machine à rumeurs.

Bernard Drainville, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet sont loin d'être de mauvais candidats. Ils projettent certainement une image renouvelée du Parti québécois. Ajoutons à cette liste Véronique Hivon et peut-être Jean-François Lisée et ça donne une ligne de départ potentielle assez bien garnie.

Il y a cependant un nom qui, encore mieux, incarnerait ce renouvellement que certains souhaitent pour le PQ: Jean-Martin Aussant. Avec la main tendue récemment par le Parti québécois à Québec solidaire, quelqu'un comme Jean-Martin Aussant pourrait non seulement faire revenir dans le giron du PQ les militants d'Option nationale, mais aussi poursuivre le rapprochement avec Québec solidaire.

N'oublions pas que l'homme est, depuis le mois d'août dernier, directeur général du Chantier de l'économie sociale, un des thèmes chers à la gauche incarnée par Québec solidaire.

Il y aura certainement des téléphones qui vont se faire au cours des prochains jours. Mais de grâce, que le PQ ne précipite pas les choses. La prochaine élection n'est qu'en 2018. Ça laisse du temps pour bien faire les choses.

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