Une fusion culturelle?

Les ratés de la vente des billets pour... (Andréanne Lemire, Le Nouvelliste)

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Les ratés de la vente des billets pour le spectacle de Céline Dion auront signé la fin de l'association avec le réseau Ovation.

Andréanne Lemire, Le Nouvelliste

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Et si les problèmes informatiques rencontrés lors de la vente des billets pour le spectacle-bénéfice de Céline Dion à l'Amphithéâtre Cogeco étaient le point de départ d'une profonde restructuration dans la gestion de la diffusion des arts à Trois-Rivières?

On le sait, le maire Yves Lévesque n'a pas l'intention de revivre ce honteux cauchemar une deuxième fois. Et il a bien raison. Résultat: la Ville de Trois-Rivières a déjà annoncé qu'elle larguait Ovation pour un autre fournisseur. Il n'est pas non plus exclu que l'administration de la vente des billets soit transférée des bureaux de la Corporation de développement culturel à ceux de l'Amphithéâtre Cogeco. Bref, le maire Lévesque veut prendre les grands moyens pour se positionner favorablement dans l'industrie internationale du spectacle.

Le conseil municipal trifluvien pourrait-il en profiter pour revoir sa gestion de la culture et peut-être même y aller d'une fusion de quelques instances qui font actuellement, chacune de leur côté, pas mal la même chose? L'entrée en scène de l'Amphithéâtre Cogeco risque en effet de provoquer des doublons à très court terme. À l'heure actuelle, on y retrouve une douzaine d'employés permanents et ce nombre n'ira sûrement pas en diminuant au cours des prochaines années. Pendant ce temps, il y en a plus du triple qui travaillent à la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières. Tout ce beau monde fait sensiblement la même chose: programmation et promotion de spectacles et d'événements, administration, marketing, etc. Ne serait-il pas possible de réunir ces deux entités pour éviter les dédoublements administratifs? La question est lancée.

Une telle fusion permettrait assurément à la Ville de Trois-Rivières de faire d'importantes économies mais, surtout, de mieux orchestrer l'offre artistique dans la région. Il est en effet questionnable de voir des organismes culturels généreusement financés par l'administration municipale travailler chacun de leur côté comme des compétiteurs. Au contraire, tous ces intervenants devraient se retrouver autour d'une même table pour élaborer stratégiquement les programmations des différents lieux de diffusion, de la petite salle à la plus grande. D'ailleurs, une meilleure synergie aurait peut-être empêché cette mauvaise surprise informatique qui a sûrement privé Trois-Rivières d'une supplémentaire de Céline Dion.

Les grands penseurs de la culture à Trois-Rivières devraient peut-être aller faire un tour à Chicoutimi pour s'inspirer de Diffusion Saguenay qui supervise tous les spectacles de la scène présentés dans des salles gérées par Ville de Saguenay. Suivant cette logique, il serait également envisageable de greffer l'administration du FestiVoix (à qui la Ville de Trois-Rivières donne beaucoup d'argent: 400 000 $) à cette nouvelle superstructure culturelle trifluvienne.

À n'en pas douter, une telle centralisation permettrait de sauver beaucoup d'argent, de mettre en place une meilleure planification, de mieux partager équipements et expertise, et d'éviter de mettre des organisations d'une même région en malsaine concurrence entre elles. Mais surtout, une fusion culturelle régionale permettrait de maximiser une offre artistique qui a maintenant le potentiel pour entrer dans les ligues majeures.

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