Enfin le vrai décollage

L'avion CS300 de la CSeries de Bombardier... (La Presse, Alain Roberge)

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L'avion CS300 de la CSeries de Bombardier

La Presse, Alain Roberge

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les actionnaires de Bombardier et tous ceux et celles qui ont des fonds de retraite comprenant des actions de Bombardier ont certainement de quoi se réjouir avec le véritable décollage de la CSeries.

L'annonce de cette commande ferme de 75 appareils constitue une solide marque de confiance de la part du transporteur Delta et devrait ouvrir la voie à d'autres commandes.

Il ne serait pas étonnant, en effet, que d'autres compagnies aériennes soient rassurées et inspirées par cette commande de Delta, deuxième plus gros joueur nord-américain en transport aérien de passagers. Ironiquement, c'est Delta qui, dans les années 1990, avait été le premier gros client de Bombardier pour ses CRJ-100.

On ne s'étonnera pas que Delta ait eu droit, pour une aussi grosse commande, à un rabais substantiel. Si la valeur estimée du contrat est de 5,6 milliards $US, on se doute bien que ce n'est pas le prix que la compagnie payera en bout de ligne. Et que ce n'est pas sur les premières commandes que Bombardier fera des profits. Et alors? Si la commande permet d'en générer d'autres, cela viendra certainement assurer la stabilité et la pérennité de la division aéronautique pour plusieurs années.

L'annonce de jeudi concernant la commande de Delta vient confirmer que le gouvernement du Québec a pris la bonne décision en investissant 1,3 milliard $ dans Bombardier, quoi qu'en pensent les chefs des partis d'opposition. Un tel geste posé par un gouvernement a de quoi inspirer confiance auprès des clients majeurs comme Delta et c'est justement ce que disait hier le grand patron de Delta, Ed Bastian, qui s'était déplacé à Mirabel pour confirmer la commande lors d'une annonce spectaculaire.

En plus d'être un soulagement pour les travailleurs et pour les investisseurs, cette commande d'appareils devrait aussi suffire pour - enfin - convaincre Ottawa d'embarquer à son tour. Bombardier espère toujours que le fédéral versera à son tour le milliard de dollars demandé. Après avoir volé au secours de l'industrie automobile à grands coups de milliards, ce serait la moindre des choses que le fédéral participe aux succès de Bombardier, surtout que maintenant, le risque apparaît de moins en moins grand. Les retombées sont considérables et, surtout, des milliers d'emplois de qualité sont en jeu.

Les négociations en cours sur le plan fédéral devraient donc permettre de voir jusqu'où va la conviction des libéraux qu'il est nécessaire d'aider l'industrie aéronautique et, surtout, de voir quel poids auront les ministres québécois dans la décision d'aider ou non Bombardier. Depuis qu'il est question d'une demande d'aide au fédéral, on ne peut pas dire qu'on sent un grand enthousiasme ou au moins un véritable intérêt de la part de Justin Trudeau ou des membres québécois du Conseil des ministres. C'est peut-être l'occasion de démontrer que Bombardier est aussi une fierté et un fleuron canadien autant que québécois.

Dans sa prise de décision, le gouvernement fédéral pourra aussi prendre en considération l'impact que peut avoir, sur des dizaines de fournisseurs, un carnet de commandes rempli pour la division Aéronautique de Bombardier. De nombreux sous-traitants, et pas seulement dans la grande région de Mirabel, font travailler d'autres milliers de personnes.

Dans la région, il ne fait pas de doute que des entreprises comme Delastek ou Placeteco ont poussé jeudi un soupir de soulagement en voyant l'ampleur et le sérieux de la commande.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec ces commandes et ces options, Bombardier est maintenant un joueur majeur sur la scène aéronautique. Avec cette confiance des clients envers les appareils CS-100, l'entreprise pourrait devoir accélérer le développement et la commercialisation du CS-300, en plus de plancher sérieusement sur un appareil encore légèrement plus grand.

Personne ne peut s'en plaindre.

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