Un début de bonne nouvelle

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Est-ce le début de la fin pour les attentes interminables dans les urgences des hôpitaux? Certains estiment que c'est, à tout le moins, un pas dans la bonne direction.

L'annonce du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, concernant la mise en place d'une cinquantaine de supercliniques d'ici la fin de 2018 vise précisément à désengorger les urgences. Et la région sera plutôt bien pourvue avec ces nouvelles cliniques puisqu'on devrait en trouver trois à Trois-Rivières, une à Shawinigan, une à Victoriaville et une à Drummondville.

Ces nouvelles créatures, attendues depuis longtemps, viennent s'ajouter aux services déjà offerts par les hôpitaux, évidemment, mais aussi par les groupes de médecine familiale (GMF). Les supercliniques devront être en mesure d'offrir des services de prélèvements et d'imagerie médicale, ce qui devrait en effet permettre de convaincre plusieurs patients nécessitant une consultation de s'y diriger plutôt que d'aller passer dix, douze ou quinze heures à l'urgence.

Pour de nombreux patients sans médecin de famille ou sans accès à une clinique GMF, les salles d'urgence des établissements de santé étaient devenues l'unique porte d'entrée du système public pour les consultations médicales en courts délais.

En soulageant, par exemple, l'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières de quelques dizaines de milliers de consultations en urgence mineure, on viendra inévitablement offrir un meilleur service à ces orphelins de médecins et on désengorgera du même coup les urgences.

Il y aura certainement tout un défi pour informer adéquatement la population et faire en sorte que les patients reçoivent les bons soins et les bons services aux bons endroits. Et cet ajout au réseau de soins de santé de première ligne devra inévitablement s'arrimer avec les établissements pour la prise en charge des soins de deuxième ligne et des suivis médicaux.

Les médecins, par le biais de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ont dit bien accueillir l'annonce du ministre Barrette mais ils rechignent un peu sur la question des heures d'ouverture prévues de ces supercliniques. Ils ne croient pas en la pertinence d'ouvrir douze heures par jour les fins de semaine, comme ce serait aussi le cas en semaine.

La porte est donc ouverte à des négociations et c'est là que ça pourrait devenir problématique. Le diable est dans les détails et la question sensible des heures d'ouverture est certainement un détail majeur dans le déploiement de ce réseau de cliniques.

Inévitablement, celles-ci nécessiteront un plus grand nombre de médecins et on sait très bien que si on prend des médecins qui oeuvrent déjà quelque part dans le réseau, on créera des trous. C'est déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul.

On devrait donc miser un peu plus sur les infirmières praticiennes spécialisées, dont on a pourtant peu entendu parler dans l'annonce des supercliniques. Le gouvernement a promis qu'il y en aurait plus de 2000 d'ici huit ans. Elles pourraient assurément être d'une grande utilité aux supercliniques.

En annonçant la mise en place de ces cliniques, le gouvernement libéral donne écho à une de ses promesses électorales. Reste à voir comment se fera l'implantation de celles-ci et de voir comment la population se les appropriera.

Une chose est certaine, c'est qu'en souhaitant que le déploiement soit complété d'ici 2018, cela se veut aussi clairement une manoeuvre à forte odeur d'électoralisme. Quand sera déclenchée la prochaine élection générale, le Parti libéral aura sans doute des premiers bilans qu'il espère encourageants et qui démontreront qu'il y a, dans une certaine mesure, un désengorgement des urgences.

Il faudra aussi voir si ce désengorgement aura causé des dommages collatéraux ailleurs dans le réseau.

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