Le défi(cit) attendu

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On a l'impression que Daniel McMahon, entré en fonction il y a quelques mois à peine, est l'homme de la situation. Pour ses compétences, certes, mais aussi et surtout pour le changement de ton et de culture qu'il a déjà commencé à insuffler à l'université.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il n'y a rien de réjouissant à l'idée de devoir entreprendre une année financière en sachant qu'elle devrait se conclure, si les prévisions s'avèrent justes, par un déficit de 15,9 millions $. C'est le défi auquel doivent faire face les dirigeants de l'Université du Québec à Trois-Rivières pour l'année qui vient.

Un défi de taille, s'il en est un. Mais ce n'est pas la première fois qu'une telle situation se produit dans l'histoire de l'UQTR. On a déjà vu des déficits de 20 millions $, pas plus tard qu'au début des années 2000.

Mais alors qu'on devrait s'inquiéter des conséquences de ce déficit anticipé, la nouvelle n'a pas causé beaucoup de remous, tant dans la communauté universitaire qu'auprès de monsieur et madame Tout-le-monde.

Pourquoi? D'abord parce qu'on s'y attendait un peu. Avant d'en arriver à cette planification budgétaire pour 2016-2017, les signes avant-coureurs de difficultés financières étaient nombreux: déficits pour 2014-2015 et pour 2015-2016, investissements majeurs en infrastructures, compressions totales de 12 millions $ imposées par Québec, frais juridiques élevés en raison de litiges en cours, légère baisse du nombre d'étudiants à temps plein.

On avait l'impression que tous les voyants rouges s'allumaient un à un sur le tableau de bord de la gestion financière de l'institution.

Mais l'anticipation de cette situation difficile n'est pas le seul facteur qui fait qu'on ne s'en émeut pas beaucoup. Il y a un autre élément majeur.

Le recteur.

On a l'impression que Daniel McMahon, entré en fonction il y a quelques mois à peine, est l'homme de la situation. Pour ses compétences, certes, mais aussi et surtout pour le changement de ton et de culture qu'il a déjà commencé à insuffler à l'université.

Le nouveau recteur a fait le pari de la transparence. En présentant aux médias les faits saillants du budget 2016-2017, il a joué la carte de la franchise, sans porter de lunettes roses, sans maquiller les faits qui sont moins reluisants et sans cacher les actions plus drastiques qui pourraient être prises.

L'homme - de chiffres - fait preuve d'un réalisme pragmatique qui est probablement le meilleur outil pour la mise en oeuvre du Plan stratégique 2015-2020 et pour le plan de redressement qui découlera de la présentation de ce budget déficitaire.

Quand il a accepté le poste de recteur, Daniel McMahon savait très bien dans quoi il s'embarquait. Devant la communauté universitaire, il avait dit qu'il acceptait de relever le défi du développement et de la gestion et de l'UQTR «à un moment difficile», ajoutant qu'il était d'ores et déjà assuré que l'année allait se solder par un important déficit, lequel allait justement exiger l'adoption d'un plan de redressement.

Le recteur refusait déjà de se laisser décourager par la situation et passait le message aux employés et aux cadres qu'il s'attendait à une collaboration exemplaire de leur part pour trouver des «solutions imaginatives, résolues et durables».

L'UQTR devra donc non seulement revoir la question des planchers d'emploi, principal générateur potentiel d'économies, mais s'appliquer à mettre le pied sur le frein pour les projets d'infrastructures. L'implantation d'un campus satellite à Drummondville était peut-être un bon coup sur le plan politique mais peu justifiable sur le plan financier.

Et il faudra que l'institution revoie certaines façons de faire dans des actions courantes et en apparence banales. Ce n'est pas normal de déplacer onze personnes pour une simple présentation devant la Commission de la culture et de l'éducation, à l'Assemblée nationale, comme on l'a fait en août dernier. C'est un exemple parmi d'autres.

L'institution ne doit pas, enfin, abandonner ses ambitions et ses aspirations quant aux services qu'elle souhaite offrir. Elle doit simplement les moduler à sa taille et à ses moyens. Deux cent soixante-quinze programmes, c'est beaucoup.

On connaît tous le sort qui attendait la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf.

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