Des noms à ne pas oublier

Jean-Guy Talbot lors de l'inauguration du parc Jean-Béliveau,... (Andréanne Lemire, Le Nouvelliste)

Agrandir

Jean-Guy Talbot lors de l'inauguration du parc Jean-Béliveau, à Trois-Rivières.

Andréanne Lemire, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Trois-Rivières songe actuellement à rendre hommage à la regrettée Rita Lafontaine en donnant le nom de la grande comédienne à un lieu ou à une rue de la ville.  Les élus trifluviens ont également signifié leur intention d'immortaliser prochainement le nom de Cédrika Provencher.

Il s'agit là d'intéressantes initiatives qui permettront aux générations futures de ne jamais oublier des personnalités et des événements qui ont marqué dans le temps l'histoire régionale.

Les élus de la région devraient également profiter de cette réflexion toponymique pour faire une évaluation de la place qu'occupent aujourd'hui des grandes personnalités dont les noms sont déjà associés à des endroits publics.

La légende du hockey Jean-Guy Talbot a d'ailleurs récemment fait part de son inquiétude quant à l'avenir réservé à l'aréna qui porte son nom dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

«Je souhaite que mon aréna demeure au service du hockey mineur», a-t-il lancé dans un véritable cri du coeur, ajoutant même qu'il aurait aimé acheter l'édifice s'il en avait eu les moyens. «C'est mon deuxième chez-moi...»

Mais voilà, l'aréna Jean-Guy-Talbot n'est plus ce qu'il a été. Il est désuet et la Ville de Trois-Rivières envisage même la possibilité d'y établir un centre de dekhockey.

Quelle triste perspective, surtout quand on entend le célèbre défenseur du Canadien parler de façon aussi émotive de SON aréna. Jean-Guy Talbot est une légende. Il a joué aux côtés des grands noms du Tricolore et a gagné sept fois la coupe Stanley.

Il mérite que l'aréna qui porte son nom demeure un lieu où les jeunes hockeyeurs se développent et demandent à leurs parents: «C'est qui Jean-Guy Talbot?». Si cela est impossible, il est primordial qu'on lui trouve une place de choix dans le nouveau projet de colisée.

Il ne faut pas que Trois-Rivières fasse la même erreur que la Ville de Shawinigan qui a pratiquement éliminé Jacques Plante de la place publique.

En effet, après avoir été favorablement véhiculé pendant plusieurs années, le nom du célèbre gardien a été attribué à un petit bout de rue de quelques mètres lorsque la direction des Cataractes et la Ville ont décidé d'offrir le nom du nouvel amphithéâtre au plus offrant.

Résultat: le nom de Jacques Plante circule beaucoup moins qu'avant et, du même coup, la jeunesse n'a pas réellement l'opportunité d'en apprendre davantage sur cette personnalité qui a littéralement révolutionné le monde du hockey en imposant le port du masque.

On peut comprendre les organisations qui sont tentées de mettre la main sur d'intéressantes sommes d'argent en échange du nom d'un amphithéâtre sportif.

Les temps de la commandite sont durs. On a même appris l'été dernier que les Aigles de Trois-Rivières songeaient à vendre le nom du stade Fernand-Bédard à un généreux commanditaire.

Mais, ce faisant, les directions qui n'ont financièrement pas le choix d'emprunter cette avenue doivent s'assurer de ne pas, du même coup, reléguer aux oubliettes les noms de ces légendaires personnages qui sont sources de fierté pour une région. C'est une question de respect.

Donner le nom d'une personne à un lieu est une décision importante. Instinctivement, on veut lui rendre hommage et signifier collectivement qu'on ne l'oubliera jamais. Il faut juste être certain que ces valeurs honorifique et éducative ne s'étiolent pas au fil du temps.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer