Trois-Rivières doit honorer sa grande dame

Rita Lafontaine... (Le Nouvelliste)

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Rita Lafontaine

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Trois-Rivières vient de perdre une grande dame. Rita Lafontaine est non seulement une des plus grandes comédiennes québécoises mais elle aura aussi été une grande ambassadrice de la ville qui l'a vue naître.

Son talent l'a rapidement menée sur les plus grandes scènes de la métropole, mais c'est à Trois-Rivières qu'elle a fait ses débuts. Ceux qui l'ont côtoyée avec les Compagnons de Notre-Dame ont été des témoins privilégiés de cette force d'interprétation qu'elle possédait et qui lui aura permis de mener la brillante carrière qu'elle a eue.

Rita Lafontaine, c'était une comédienne d'instinct. Au théâtre comme à la télévision ou au cinéma, elle habitait ses personnages, leur donnant un naturel et une authenticité qui faisaient en sorte qu'inévitablement, on s'y attachait.

Cela tient sans doute beaucoup à sa technique d'interprétation qu'elle a développée et qui consiste, lors des répétitions ou du travail de personnage, à dire à voix haute tout le non-dit derrière les répliques de celui-ci. C'est cette technique, que certains ont appelée la «méthode Lafontaine», qu'elle transmettait aux étudiants du programme de certificat en interprétation théâtrale à l'UQTR.

Ce programme, c'était sa fierté. C'était sa façon de venir redonner à Trois-Rivières une portion de son talent, de sa renommée. Ce programme, c'est ce qui illustre le mieux la générosité de la dame, sa sensibilité et sa volonté de transmettre sa passion.

Elle le faisait en toute simplicité, à l'image de la femme et de l'artiste qu'elle était. Avec Rita Lafontaine, il n'y avait jamais de prétention ni de recherche de visibilité. Elle était d'une incroyable humilité, probablement celle qui fait la marque des grands. Et elle inspirait toujours un profond respect, autant chez ceux qui la côtoyaient que chez ceux qui appréciaient son talent.

On se souviendra de ces personnages que Michel Tremblay écrivait pour elle et qu'elle incarnait magistralement au théâtre. On se rappellera de la sympathique Marie-Madeleine Moineau dans Les Moineau et les Pinson, de Rose dans Le Retour ou encore du sympathique tandem de commères qu'elle formait avec Clémence DesRochers dans La grande séduction.

Dans tous les rôles qu'elle a joués, elle pouvait être drôle, touchante, détestable, intense. Mais ce qui est unique, c'est qu'elle était toujours juste. Et d'une vérité déconcertante.

Même si elle avait quitté la région il y a déjà plusieurs années, Rita Lafontaine y revenait souvent. Elle a toujours gardé cette fierté d'être Trifluvienne d'origine. Elle aimait raconter et entendre des anecdotes sur sa ville et sur le quartier Saint-Philippe, où elle a passé son enfance. Elle suivait encore attentivement les publications d'une page Facebook consacrée à l'histoire de Trois-Rivières.

Il serait souhaitable que la Ville de Trois-Rivières immortalise le nom de Rita Lafontaine. Une rue? Un parc? Peut-être. Mais on devrait aussi envisager la possibilité de nommer la Maison de la culture en son nom. Ou alors le Cégep pourrait baptiser son théâtre «salle Rita-Lafontaine». C'est la seule grande salle de spectacle de la ville à ne pas encore porter le nom d'une personne.

Chose certaine, s'il y en a une qui mérite qu'on honore sa mémoire, c'est assurément Rita Lafontaine: inspirante non seulement par son talent, mais aussi et surtout par sa personnalité attachante, sa simplicité, sa grandeur d'âme.

Et il y a ce sourire, ce tendre sourire presque timide mais combien chaleureux, qui va nous manquer, certes, mais dont le dessin reste gravé dans notre mémoire et dans nos coeurs.

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