Désolant opportunisme

Commission scolaire Chemin-du-Roy... (Archives Le Nouvelliste)

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Commission scolaire Chemin-du-Roy

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ça fait plusieurs mois, voire quelques années, que la Ville de Trois-Rivières attend les fameux 26 millions $ pour construire son nouveau colisée. Il faut dire que les nombreux changements de sites ont passablement ralenti le processus. On peut aussi prétendre que le gouvernement du Québec n'était pas trop pressé d'annoncer une si importante subvention en pleine période d'austérité. Yves Lévesque n'en démord pas: tout est en place pour une annonce officielle. Tout, sauf l'assentiment de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy qui est de retour dans le dossier à la suite d'une idée de génie du maire de Trois-Rivières.

C'est en se promenant en voiture que le maire hyperactif a remarqué un beau terrain attenant à l'école Chavigny, pas loin du site en développement du District 55. Deux coups de téléphone plus tard, il savait qu'un colisée de 5000 places pouvait y être construit. Très rapidement, des négociations ont été entreprises avec la direction de la Commission scolaire pour mettre la main sur ce précieux bout de terrain. En devenant propriétaire du site du futur colisée, le maire Lévesque réglait un gros problème: il évitait d'impliquer des intérêts privés dans le projet (ce que le gouvernement n'apprécie pas vraiment).

Sur la table, en retour du terrain situé tout près du nouveau Tanguay aux abords de l'autoroute 55, la Ville de Trois-Rivières offre à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy le terrain de l'ancienne église Saint-Philippe. Cet espace se trouve juste à côté de l'école primaire Saint-Philippe. D'ailleurs, la Ville propose d'y construire, à ses frais, des aires de jeux pour enfants. À cela s'ajoutent l'aménagement d'un terrain synthétique (à la hauteur de 500 000 $) et des heures d'utilisation dans le futur nouveau colisée. Bref, une alléchante proposition de nature à intéresser les dirigeants de la Commission scolaire, surtout quand on sait qu'aucun projet n'est prévu sur ce terrain convoité par la Ville.

Mais voilà, cette offre est sans réponse depuis maintenant quatre mois. Il n'y a aucun problème à ce que la direction de la Commission scolaire prenne le temps d'évaluer la transaction. Il s'agit même d'une réflexion pertinente. C'est cependant plus choquant d'apprendre que la Commission scolaire et sa directrice Hélène Corneau voudraient profiter de l'occasion pour renégocier son entente avec la Ville de Trois-Rivières concernant l'utilisation du Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Il y a quelque chose de désespéré et d'opportuniste de mêler ces deux dossiers.

En vérité, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy ne sait plus comment faire pour arrêter de perdre de l'argent dans la gestion du CSAD. Récemment, on apprenait qu'il sera «impossible» de gérer ces installations à coût nul et, visiblement, les dirigeants sont prêts à tout pour renflouer les coffres. Iront-ils jusqu'à augmenter les frais demandés aux usagers pour réparer les erreurs et le laxisme administratif du passé? Espérons que non. La nouvelle direction du CSAD a pris ses responsabilités à la suite du ménage qui a poussé vers la sortie l'équipe dirigée par Jean-François Picard. Des factures non payées ont notamment été envoyées à des organismes qui ont présenté des événements sans payer le moindre sou. Des recours judiciaires sont même envisagés. Mais, justement, il faut faire payer ceux qui ont honteusement profité du système en place à l'époque. Pas tout le monde!

Dans le dossier du nouveau colisée, l'offre de la Ville de Trois-Rivières semble à la fois honnête et bénéfique pour les deux parties. C'est même le meilleur scénario avancé depuis le début de toute cette saga. Si la direction de la Commission scolaire pense le contraire, eh bien qu'elle le dise, qu'elle arrête de marchander tout et rien pour réparer ses propres erreurs et qu'on passe au plan B. Il est grand temps qu'il se passe quelque chose dans ce dossier avant que l'argent du provincial soit bêtement retiré de la table.

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