Trois-Rivières sur les rails?

On ne compte plus les fois où la question du retour d'un train de passagers à... (La Presse Canadienne)

Agrandir

La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On ne compte plus les fois où la question du retour d'un train de passagers à Trois-Rivières refait surface dans l'actualité. Mais s'il y a un moment précis où les politiciens et les représentants de la Chambre de commerce devraient se manifester, c'est maintenant.

Depuis le dépôt du budget fédéral par le ministre Bill Morneau, on semble avoir remis sur les rails le projet de train de passagers mieux adapté aux besoins contemporains dans le corridor Québec-Windsor. C'est dans ce corridor à forte densité, qui comprend notamment les villes de Toronto, Ottawa, Montréal, Québec et Hamilton, que se concentre la grande majorité de la clientèle de VIA Rail. En 2015, la compagnie a transporté 3,8 millions de passagers à travers le pays et on estime que plus de 90 % de ces transports se sont faits dans le corridor Québec-Windsor.

Le budget fédéral prévoit des sommes importantes pour soutenir le transport ferroviaire et les différentes initiatives de VIA Rail visant à améliorer le service. Pas moins de 7,7 millions $ sont prévus en 2016-2017 pour appuyer les études techniques prévues pour le renouvellement de la flotte, pour l'amélioration de la sécurité aux passages à niveau et dans les gares. Le budget prévoit aussi fournir 34 millions $ à VIA Rail pour des améliorations à ses gares et à ses centres d'entretien.

Mais là où c'est intéressant pour Trois-Rivières, à condition qu'on se manifeste un peu, c'est dans l'enveloppe de 3,3 millions $ qu'Ottawa consent à Transports Canada pour appuyer une évaluation approfondie du projet de service ferroviaire à fréquence élevée dans le corridor Québec-Windsor. VIA Rail planchait déjà sur un projet de train à fréquence élevée qui utiliserait des voies dédiées dans le corridor le plus achalandé.

On se souviendra que le président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, était venu à Trois-Rivières en novembre dernier pour annoncer, essentiellement, que le service de train de passagers conventionnel pourrait faire un retour d'ici cinq à dix ans à Trois-Rivières. Cette intervention inattendue devant quelque 300 membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, de même que la rencontre privée qu'il a eue avec des élus et des intervenants économiques, est venue relancer les espoirs de voir la 27e agglomération urbaine du Canada enfin desservie de nouveau par un service de train de passagers.

En Europe, des bleds de 800 habitants ont des trains de passagers trois ou quatre fois par jour...

Ici, on parle d'une agglomération de 151 000 habitants qui regarde le train passer à Shawinigan ou à Drummondville.

Le grand patron de VIA Rail avait mentionné que la compagnie allait d'ailleurs bonifier son service sur la rive sud, mais que le futur tronçon de voies dédiées entre Québec et Montréal allait se déployer sur la rive nord. La première phase de ce projet allait relier Montréal à Toronto, via Ottawa.

Mais les choses semblent bouger. Le transporteur ferroviaire semble disposé à inclure la ville de Québec dès la première phase du projet. En clair, cela pourrait vouloir dire que Trois-Rivières s'y retrouverait aussi.

Il importe donc de s'activer un peu pour rappeler aux dirigeants de VIA Rail que Trois-Rivières attend ce jour depuis 1982.

Même si ce n'est pas demain ni après-demain qu'on reverra le train s'arrêter à Trois-Rivières, il semble que la volonté est bien réelle. La conjoncture économique est propice au retour du train de passagers, avec une sensibilité de plus en plus grande pour le transport collectif et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il faut aussi admettre que l'idée de privilégier un train à grande fréquence plutôt qu'un train à grande vitesse est plus réaliste et plus réalisable à moyen terme.

Vraiment, il est en plein temps pour la communauté trifluvienne de se tenir sur le bord des rails et de faire des grands signes au train qui approche.

Comme si on voulait dire: «On est là, embarquez-nous!».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer