Un pari risqué

La directrice générale du cabaret Satyre, Marie-Lyne Bédard,... (François Gervais)

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La directrice générale du cabaret Satyre, Marie-Lyne Bédard, et Satyre, le personnage emblématique de la nouvelle salle de spectacles.

François Gervais

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le pari est intéressant mais audacieux en même temps. Une chose est sûre, on ne pourra jamais reprocher aux jeunes entrepreneurs qui veulent relancer l'ancien Maquisart de manquer de courage. Il y a même quelque chose d'inspirant et d'encourageant de voir cet important lieu culturel du centre-ville trifluvien reprendre vie sous le nom de Satyre. On ne peut que souhaiter bonne chance à ces investisseurs qui veulent participer à leur façon au dynamisme artistique de Trois-Rivières.

Le défi est cependant de taille. La salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières et celle du Théâtre du Cégep de Trois-Rivières, qui occupent déjà une bonne partie du marché des petits lieux de diffusion en région, sont loin d'afficher des taux d'occupation ronflants. Même constat du côté du secteur Cap-de-la-Madeleine avec le centre culturel Pauline-Julien. Pour les trois salles réunies, on parle d'un taux d'occupation dépassant à peine les 60 %. Ces chiffres sont bien sûr accompagnés de réductions d'affluence variables mais constantes d'une salle à l'autre au cours des dernières saisons.

Les promoteurs du Satyre misent sur le style cabaret pour se démarquer, une ambiance qui avait quelque peu disparu du décor après la fermeture du Maquisart. Mais voilà, au même moment qu'on annonce officiellement l'ouverture du Satyre, la Corporation des événements présente cette semaine ses tout premiers spectacles dans le Cabaret de l'Amphithéâtre. Une salle de type cabaret qui peut accueillir environ 450 personnes assises et jusqu'à 700 debout. Une offre culturelle versatile, financée par la Ville de Trois-Rivières, qui risque malheureusement de jouer dans les mêmes plates-bandes que le Satyre. Est-ce que les jeunes investisseurs savaient ce qui se tramait à l'Amphithéâtre avant de mettre 500 000 $ dans l'aventure? Si oui, on peut dire qu'ils ont vraiment confiance en leur concept. Si non, ils sont peut-être un peu inquiets aujourd'hui.

Le plus drôle dans toute cette histoire, c'est qu'Innovation et Développement économique (IDE) de Trois-Rivières a accompagné l'équipe du Satyre dans l'élaboration du projet. Difficile d'envisager qu'IDE Trois-Rivières n'ait pas pris en considération l'ouverture prochaine du Cabaret de l'Amphithéâtre en faisant les études de faisabilité. Encore plus difficile de penser qu'IDE n'en savait rien. 

Quoi qu'il en soit, il est évident que les deux salles vont devoir se partager la même tarte... et que quelqu'un va finir par en payer le prix! Le Cabaret Satyre pourra-t-il tirer son épingle du jeu en mettant l'accent sur la relève et sur la musique émergente? Peut-être. C'est ce qu'on leur souhaite.

Mais une certitude se dégage: l'ajout de deux nouvelles salles à Trois-Rivières est un pari audacieux dans le contexte économique actuel et, surtout, quand on constate que l'achalandage des autres salles qui oeuvrent sensiblement dans le même créneau demeure à la fois fragile et imprévisible.

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