Piler sur son orgueil

Yves Lévesque... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Yves Lévesque

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il serait peut-être temps, comme le réclame le maire de Montréal, que Trois-Rivières arrête de bouder dans son coin et réintègre les rangs de l'Union des municipalités du Québec.

On peut comprendre que le maire Yves Lévesque a éprouvé une certaine frustration lors de la négociation du pacte fiscal transitoire et qu'il n'a pas digéré le fait de se retrouver isolé. Une petite colère de temps en temps, c'est normal et ça fait généralement du bien.

Mais l'entêtement n'a pas les mêmes vertus. Un an plus tard, Trois-Rivières passe encore pour celle qui fait la baboune.

La Ville est plus que jamais éloignée des cercles d'influence qui, justement, pourraient faire progresser certains dossiers.

Si Trois-Rivières juge que l'UMQ ne représente pas adéquatement les intérêts des villes et donc des contribuables, alors c'est peut-être le temps d'espérer y avoir une voix pour, justement, faire valoir des opinions et des idées différentes.

Les absents ont toujours tort.

Le maire Lévesque exagère un peu lorsqu'il dit qu'il n'y a pas de résultats intéressants et qu'il ne constate que des déceptions depuis vingt ans.

L'Union des municipalités du Québec est un puissant lobby. Un lieu de rencontre et un carrefour d'idées de haute importance pour les maires du Québec.

C'est encore plus vrai depuis qu'on a mis en place les différents caucus d'affinités, comme celui des grandes villes, auquel serait normalement rattachée Trois-Rivières.

Les avantages que les villes ont, en adhérant à l'UMQ, sont plus souvent qu'autrement immatériels. L'UMQ est bien placée pour faire les représentations nécessaires en fonction des besoins exprimés par ses membres. Un exemple? Actuellement, des villes comme Trois-Rivières se retrouvent avec une difficulté pour renouveler leurs assurances responsabilité et leurs assurances incendie.

La base assurable, c'est-à-dire un parc immobilier important et une flotte de véhicules considérable, est trop grosse pour que des compagnies d'assurances bien établies au Québec s'engagent pour moins de cinq ans, le maximum prévu par la loi.

Il suffirait d'une modification législative pour que des compagnies d'assurance bien établies au Québec puissent soumissionner. Or, un maire seul peut difficilement descendre à Québec et faire cette revendication pour sa ville seulement, quand on sait qu'une éventuelle modification législative aura un impact sur l'ensemble des villes. Dans un cas comme ça, l'UMQ pourrait être l'intervenant privilégié auprès du gouvernement.

Des exemples comme ça, il y en a des centaines. Il suffit de jeter un oeil aux interventions de représentants de l'organisme au sein de différentes commissions parlementaires pour le constater. Et c'est sans compter les représentations informelles.

Et puis si le maire Lévesque justifie son retrait de l'UMQ par le fait de ne pas en avoir pour son argent, on comprend mal pourquoi la Ville reste membre de l'Alliance des villes des Grands lacs et du Saint-Laurent. À part avoir accueilli un congrès de cet organisme de lobbying binational, on ne peut pas dire que les retombées pour Trois-Rivières sont nombreuses et concrètes.

C'est aussi triste de constater que l'excellence de Trois-Rivières rayonne moins en n'étant plus membre de l'UMQ.

Depuis une dizaine d'années, Trois-Rivières figurait souvent parmi les lauréats des prix Mérite Ovation municipale, remis pour des initiatives locales favorisant l'innovation et l'excellence dans les services municipaux.

C'est toujours une fierté pour les employés de la Ville de voir leur travail reconnu à l'extérieur. Maintenant, on les prive de cette possibilité. Et on prive aussi Trois-Rivières de jouir d'une bonne visibilité.

Mais le principal argument en faveur d'un retour de Trois-Rivières au sein de l'UMQ devrait être la possibilité, pour son maire, d'aller y dire son avis et d'y exercer son influence. C'est plus constructif que de jouer les gérants d'estrade.

Un moment donné, il faut tourner la page. Ou piler sur son orgueil.

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