L'éducation est la nouvelle santé

Des enseignants et des élèves ont formé une... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Des enseignants et des élèves ont formé une chaîne humaine autour du Collège Shawinigan en octobre dernier.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'éducation semble bien être le thème à la mode à la veille du budget du Québec qui sera déposé jeudi par le ministre des Finances Carlos Leitão.

C'est tout de même fascinant de voir à quel point on a progressivement écarté la santé pour faire de l'éducation le nouveau cheval de bataille de la société québécoise.

Il ne faudrait pas s'étonner, donc, que le budget 2016 du gouvernement libéral accorde une place de choix à des réinvestissements majeurs en éducation.

C'est de ce secteur d'activité que sont venus les grognements les plus retentissants au cours des derniers mois. Et le premier ministre Philippe Couillard a été assez clair la semaine dernière en s'engageant à envoyer «un signal très fort» en faveur de l'éducation

Les signaux d'alarme témoignant des besoins criants en éducation ont été nombreux récemment, allant de la parution de photos et de reportages sur l'état lamentable des écoles jusqu'à la formation de chaînes humaines autour de certains établissements, en passant par les manifestations dénonçant le manque de ressources professionnelles.

Ajoutons à cela l'incertitude liée à la controversée réforme des commissions scolaires et la succession de ministres de l'Éducation au cours des dernières années et ça donne un portrait d'ensemble qui n'est pas très glorieux pour un gouvernement qui entre maintenant dans la deuxième demie de son mandat.

Normalement, ces deux prochaines années doivent servir à préparer une réélection. Il faut donc s'attendre à ce que le budget traduise non seulement une volonté de ne plus couper en éducation, mais aussi une intention de redonner une peu de lustre au réseau scolaire, tant dans son aspect physique que dans l'accomplissement de sa mission.

Ça tombe bien parce que selon un sondage CROP réalisé pour le compte de la Centrale des syndicats du Québec démontre que 86 % de la population croit que Québec doit mettre fin aux compressions budgétaires dans les écoles et réinvestir «massivement» en éducation.

Le millier d'adultes sondés dans le cadre de ce sondage croit aussi, dans la même proportion de 86 %, que le gouvernement doit élaborer un plan d'investissement d'urgence pour ramener à un niveau sécuritaire les établissements scolaires.

Les répondants sont aussi préoccupés, à 82 %, par le manque de ressources professionnelles pour les élèves en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage et les élèves handicapés.

La cause de l'éducation reçoit donc beaucoup de sympathie de la part de la population.

Mais alors, a-t-on éclipsé la santé pour autant? Souvenons-nous il y a cinq ou dix ans: les politiciens disaient toujours, dans un pléonasme navrant, que c'était «la première priorité».

Est-ce à dire que ça va mieux dans le réseau de la santé? Ce serait abusif de conclure que tout est beau, mais il faut bien reconnaître qu'en général, il y a eu des améliorations en ce qui a trait à l'accès aux soins, à l'accès aux médecins de famille, au temps d'attente dans les urgences.

Il faut dire «en général» parce qu'il y a des épisodes plus sombres, comme celui que traverse présentement l'urgence du Centre Avellin-Dalcourt, à Louiseville.

Évidemment, le prochain budget ne pourra pas régler tous les problèmes, partout où ça crie et où ça grince. Disons qu'on cherchera simplement à apaiser la grogne dans certains milieux. L'éducation en est un, mais il ne faudra pas complètement laisser de côté la santé.

Faudrait quand même pas qu'elle devienne une «dernière» priorité.

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