Mission accomplie

Le courant semblait passer jeudi entre Barack Obama... (AP, Jim Watson)

Agrandir

Le courant semblait passer jeudi entre Barack Obama et Justn Trudeau lors de la visite du premier ministre canadien à Washington.

AP, Jim Watson

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est la mi-mars. La saison des grands dégels. Et le plus spectaculaire est sans doute celui qui s'est produit à Washington au cours des derniers jours. Celui des relation canado-américaines, qui étaient beaucoup plus froides, beaucoup plus tendues, beaucoup plus forcées alors que Stephen Harper était au pouvoir.

Il se trouvera toujours des personnes pour critiquer l'obsession de l'image qui entoure les activités du premier ministre Justin Trudeau. Et il faut reconnaître qu'il y avait beaucoup de relations publiques dans cette visite officielle dans la capitale américaine. Mais était-ce trop?

Non. Il serait malhonnête de dire que cette rencontre n'a été qu'une opération de relations publiques. Elle a été un succès pour l'image du Canada et pour la consolidation des liens avec son éléphant de voisin. Les conséquences directes et à court terme de cette visite sont modestes mais concrètes: des ententes sur la lutte contre les changements climatiques et sur la réduction des gaz méthanes dans les forages pétroliers, une collaboration accrue pour la protection de l'Arctique, des protocoles visant à faciliter le commerce entre les deux pays et améliorer la fluidité pour le transport de passagers. Ce n'est pas rien.

La grande annonce qu'on attendait peut-être, celle sur le renouvellement de l'entente sur le bois d'oeuvre, n'est pas venue. Il faudra attendre encore. S'il y a une déception à la suite de cette visite, c'est celle-là. Même si le président Obama et le premier ministre Trudeau se sont montrés confiants d'en arriver à une entente d'ici octobre.

L'absence d'entente dans ce domaine pourrait non seulement provoquer une nouvelle guerre du bois d'oeuvre, mais elle viendrait plomber les autres accords conclus entre les deux pays. Ça, c'est loin d'être souhaitable. Parce que le Canada et les États-Unis sont les deux principaux partenaires commerciaux au monde, avec des échanges qui ont atteint 880 milliards $ en 2015. Les trois quarts des exportations canadiennes se font vers nos voisins du sud. Et les deux tiers des importations proviennent de ce même partenaire.

S'assurer d'entretenir des relations cordiales avec un tel partenaire commercial est loin d'être une mauvaise chose. Et d'y envoyer neuf ministres et une délégation imposante de fonctionnaires ne devrait offusquer personne. Vendredi, aux Communes, c'est un député conservateur qui est monté aux barricades pour dire qu'il n'a pas été impressionné par les annonces faites à Washington, qualifiant de perte de temps et de «gros party» le voyage de la délégation canadienne à Washington. Des députés néodémocrates ont formulé des critiques semblables.

C'est de la mauvaise foi. Les critiques sont à peu près unanimes pour parler d'un succès considérable pour les relations diplomatiques canado-américaines. Et c'est entre autres François-Philippe Champagne qui - peut-être en raison de l'absence du tiers du cabinet fédéral - est allé défendre devant les médias l'utilité d'une telle mission diplomatique.

La rencontre Obama-Trudeau a eu des échos majeurs dans la presse américaine et a été suivie de près par les médias étrangers aussi. Pendant deux jours, les projecteurs ont été braqués sur cette rencontre et le premier ministre Trudeau est loin d'avoir mal paru. Peu de chefs d'État ont droit à une couverture aussi dense et intéressée lors de visites officielles. S'il est passé maître dans l'art d'attirer sur lui l'attention, le premier ministre devra maintenant s'appliquer à relever le défi du contenu. Il n'a pas là-dessus la même aisance. Il est meilleur pour la forme que pour le fond.

La visite aura tout de même permis de renforcer la crédibilité du premier ministre, qui avait déjà créé beaucoup d'effet dans les premières semaines de son mandat, avec le chapelet de sommets et de rencontres internationales auxquels il a dû prendre part. Elle a aussi servi à confirmer l'amitié entre le Canada et les États-Unis et à présenter une image forte d'une relation personnelle sincère et amicale entre Justin Trudeau et le président Obama.

C'est juste dommage que tout ça ne durera encore que neuf mois à peine. Tout sera à refaire avec celui ou celle qui succédera à Barack Obama.

C'est là qu'on craint le pire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer