À mille lieues de l'ère Harper

Justin Trudeau... (Photo Aaron Vincent Elkaim, Archives La Presse Canadienne)

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Justin Trudeau

Photo Aaron Vincent Elkaim, Archives La Presse Canadienne

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La rencontre des premiers ministres du Canada et des provinces au sujet de la lutte aux changements climatiques vient de donner un autre exemple de la révolution qu'on observe dans la dynamique fédérale-provinciale. On est loin de la quasi-absence de relations entre le fédéral et les provinces qui a tristement caractérisé les années Harper.

On aura beau dire ce qu'on voudra sur l'issue des discussions concernant les changements climatiques et plus particulièrement sur la façon selon laquelle on imposera une tarification sur le carbone, il reste que la rencontre des premiers ministres aura été un succès. Ne serait-ce que sur le plan diplomatique.

Il aurait certes été possible, avec un sujet aussi délicat dans le contexte actuel, d'assister à une rencontre des premiers ministres au cours de laquelle le ton aurait pu monter. Il aurait pu y avoir des départs en claquant la porte. L'occasion aurait même été belle d'accentuer la division est-ouest ou le «Québec-bashing», très à la mode dans les provinces productrices de pétrole provenant des sables bitumineux.

Mais voilà. Rien de cela ne s'est produit. Le Québec et l'Ontario sont arrivés à Vancouver dans un touchant unisson. Le premier ministre de la Saskatchewan, peut-être parce qu'il entre dans une campagne électorale, a mis de l'eau dans son vin. Et Justin Trudeau s'est imposé en bon négociateur, adoptant l'approche du compromis.

Il faut dire que le premier ministre a été élu entre autres sur la promesse de donner un nouveau souffle aux relations fédérales-provinciales. On peut lui reprocher déjà beaucoup de choses, mais pas celle de faire cavalier seul dans des dossiers sensibles comme celui des changements climatiques.

À l'issue de la rencontre de Vancouver, il aura réussi à convaincre les provinces d'appuyer une tarification du carbone partout au pays. On s'est entendu sur la forme, mais pas sur les moyens, les mécanismes de mise en oeuvre ou les échéanciers. La bonne nouvelle, c'est que ça force la tenue d'une autre rencontre qui aura lieu à l'automne.

Les provinces ont réalisé des gains importants, notamment en refusant de se faire imposer un prix uniforme sur le carbone. Il faut dire que l'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique se sont déjà dotées d'un plan basé sur un système de plafonnement d'échange de droits d'émission des gaz à effet de serre.

Pourquoi en arrive-t-on là? À un point où des provinces ont pris leurs propres initiatives dans ce domaine? Parce que ces discussions auraient dû avoir lieu il y a plusieurs années. Mais comme Stephen Harper n'était partisan ni des discussions fédérales-provinciales, ni de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre - y croyait-il seulement? -, de tels échanges n'ont jamais eu lieu.

La déclaration de Vancouver, bien qu'elle ne contienne pas de mesures concrètes, a été applaudie par les principales organisations vouées à la défense de l'environnement.

Mais la principale raison pour laquelle on devrait l'applaudir, c'est lorsqu'on considère que le sommet qui en a accouché aura été l'occasion de réunir les premiers ministres dans un climat propice à l'échange. Ça pourrait être utile lorsque reviendra le temps de discuter d'autres sujets chauds, comme celui de l'oléoduc Énergie Est.

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