Les petits empereurs

La rencontre des maires des municipalités concernées par... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La rencontre des maires des municipalités concernées par les négociations sur les services supralocaux qui s'est tenue mardi à l'hôtel de Ville de Shawinigan a été présidée par la juge Nancy Lavoie de la Commission municipale du Québec.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les maires des neuf municipalités voisines de Shawinigan visées par le partage des coûts pour les équipements et services supralocaux viennent de rater une belle occasion de rentrer dans leurs terres la tête haute. Ou du moins en donnant l'impression d'avoir la tête haute.

On est rendu ici dans la petite politique. Les élus des municipalités de la périphérie de Shawinigan sont restés campés sur leurs positions à la suite de la rencontre de mardi avec le maire de Shawinigan et avec une juge administrative de la Commission municipale du Québec chargée d'agir comme accompagnatrice.

À ce stade-ci, la moindre des choses aurait été, pour les maires des municipalités voisines, d'accepter que se poursuive cette démarche d'accompagnement. Oui, au départ, Shawinigan avait agi un peu rapidement dans ce délicat dossier des frais supralocaux. Les maires n'avaient pas apprécié se faire mettre devant le fait accompli et avec raison. Mais depuis, la ville-centre a mis de l'eau dans son vin. Il y a une ouverture pour discuter.

Malheureusement, ce qu'on semble ne pas comprendre, au sein de ce groupe de maires récalcitrants, c'est que les parties sont condamnées à s'entendre. Un peu comme un jury qu'on séquestre et qui doit rendre un verdict unanime.

Le principe du partage des coûts pour les équipements supralocaux est maintenant reconnu. Et il y a au Québec des exemples de conclusions d'ententes harmonieuses, comme à Drummondville ou à Sorel-Tracy, et d'autres un peu plus troubles, comme à Chambly. Mais globalement, le principe de l'universalité de l'accès est reconnu, bien davantage que celui de l'utilisateur-payeur que souhaiteraient voir mis de l'avant les maires de la périphérie de Shawinigan.

Ils peuvent faire une croix là-dessus.

Non seulement la Commission municipale et le ministère des Affaires municipales reconnaissent l'existence des frais reliés aux services et équipements supralocaux, mais ils sont plutôt récalcitrants, à la lumière des cas où la Commission a dû trancher, à accorder une place à la tarification selon l'utilisation.

Ç'aurait été une belle occasion pour les maires de poursuivre les discussions. Il y a fort à parier qu'ils auraient pu rentrer chez eux avec un montant revu à la baisse par rapport aux premières conclusions de l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton. C'est donc dire que les maires auraient pu revenir devant leur conseil respectif ou devant leur population respective en jouant la carte de la petite victoire malgré la contrainte.

Mais l'impression qui se dégage de l'attitude concertée de ces petits empereurs en est plutôt une d'intransigeance, presque de mauvaise foi.

Plusieurs d'entre eux ne veulent sans doute pas porter l'odieux de devoir faire avaler une dépense supplémentaire à leurs contribuables. Ce n'est pas bon pour la réélection. Et c'est là qu'on est dans la petite politique.

Les maires de la périphérie ne sont pas sortis du bois si le maire Angers décide de demander au ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire de mandater la Commission municipale pour qu'elle règle le dilemme. Un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès, c'est connu.

Le plus curieux, c'est que le porte-parole des maires récalcitrants affirme que les municipalités limitrophes ne veulent pas en arriver à un règlement imposé. Qu'est-ce qu'on fait dans ce temps-là? On garde les canaux de communication ouverts et on accepte l'accompagnement de la Commission municipale.

Il y aurait au moins un contexte d'échange qui serait beaucoup plus approprié que le retranchement qu'on observe actuellement.

Ce serait, en tout cas, une sacrée belle occasion de démontrer un peu qu'on est capable de s'affranchir de l'esprit de clocher. Et d'adopter une vision plus régionale que locale.

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