Des craintes justifiées

Un appareil d'Air Canada chez Premier Aviation.... (Archives, Le Nouvelliste)

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Un appareil d'Air Canada chez Premier Aviation.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On parle beaucoup ces jours-ci du défilé des chefs de partis de l'opposition à l'Assemblée nationale chez Bombardier.

Après la sortie médiatique de la semaine dernière, où Pierre Karl Péladeau et François Legault flanquaient le représentant des travailleurs d'Aveos, Jean Poirier, les chefs du PQ et de la CAQ sont allés rencontrer les dirigeants de Bombardier essentiellement pour se faire dire que la compagnie ne souhaitait pas rouvrir l'entente conclue avec le gouvernement du Québec.

Ces visites paroissiales des chefs de l'opposition ne semblent pas avoir fait bouger qui que ce soit dans le dossier. Il ne se sera agi, somme toute, que d'une vaste opération de relations publiques, d'une part comme de l'autre.

Le débat provoqué par cette fameuse entente a toutefois permis de mettre en lumière le fait que Trois-Rivières pourrait éventuellement subir des dommages collatéraux.

La promesse d'achat de 45 avions de la CSeries de Bombardier par Air Canada serait assortie d'une condition selon laquelle l'entretien de ces appareils soit fait à Montréal.

Mais le contrecoup pourrait être douloureux pour Premier Aviation, qui entretient présentement les jets régionaux Embraer que possède Air Canada.

Ce sont ces appareils qui seraient remplacés par les avions de la CSeries flambant neufs et dont l'entretien serait assuré quelque part à Montréal.

Il n'en fallait pas plus pour sonner une alarme au bureau du maire Yves Lévesque, qui mise beaucoup sur le secteur de l'aéronautique pour assurer la diversification de l'économie trifluvienne.

Depuis qu'il est maire, environ 25 millions $ ont été investis pour la mise aux normes et le développement de l'aéroport. C'est un signal clair que l'industrie aéronautique, à plus petite échelle, est importante pour la ville et pour la région.

C'est certainement cela qu'il faudra faire valoir à la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, si elle vient faire un tour à Trois-Rivières. Le maire s'est empressé de communiquer avec elle devant la menace qui pèse sur Premier Aviation.

On parle d'une centaine de postes - sur près de 350 - qui pourraient être coupés si l'entretien des nouveaux CS300 doit impérativement se faire à Montréal.

Il faut donc souhaiter que la ministre donne suite à sa proposition de venir rencontrer les représentants de la Ville et de Premier Aviation.

Elle pourrait constater qu'il est légitime pour le milieu économique trifluvien de s'inquiéter que l'entente concernant l'entretien des appareils de la CSeries ne soit, en quelque sorte, que la plus triste façon de concrétiser une expression chère au maire Lévesque: déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Il serait en effet ridicule de déplacer de 150 kilomètres à peine l'entretien des appareils en question et bouleverser ainsi tout un pan dynamique de la nouvelle économie de la Mauricie.

Il faut surtout souhaiter que les cinq députés libéraux de la région sauront être vigilants dans ce dossier et qu'ils soient aussi plus prompts à réagir.

Ils devraient prendre exemple sur leur collègue caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui a été le premier à s'inquiéter, du moins publiquement, de la perspective bien réelle d'une simple migration vers Montréal d'une centaine d'emplois de qualité.

Pour Montréal, ce n'est pas grand-chose. Mais pour Trois-Rivières, ce serait une tragédie. Pas seulement pour les emplois qui seraient ainsi perdus, mais pour le signal que ça envoie à un secteur économique en développement.

Et allons même jusqu'à espérer que la ministre Anglade ne se limite pas à des commentaires rassurants ou des phrases creuses lors de sa possible visite.

Si le gouvernement veut vraiment envoyer un message clair, il pourrait profiter de cette situation pour montrer une ouverture aux demandes d'aide financière de la part de Premier Aviation pour ses projets d'expansion à l'aéroport trifluvien.

Ça, ce serait puissant comme symbole.

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