Où est passé le gros bon sens?

Le plus simple - et le plus intelligent... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le plus simple - et le plus intelligent - ne serait-il pas de laisser tomber les contraventions pour stationnement interdit lorsque les opérations de déneigement sont complétées?

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est pas la première fois qu'une administration municipale est pointée du doigt pour le manque de jugement de ses préposés au stationnement ou de ses policiers dans l'application de la réglementation.

Mais Trois-Rivières commence à avoir un bien triste palmarès en cette matière.

L'épisode le plus récent est celui des clients de la Binerie Chik du centre-ville qui ont hérité d'une contravention de stationnement.

La Binerie Chik est un restaurant de la rue Royale qui ouvre ses portes à 5 h chaque matin pour servir des petits déjeuners. C'est le seul commerce du centre-ville à être ouvert si tôt.

Lors des opérations de déneigement, le stationnement sur rue est interdit. Mais la rue Royale fait partie des rues qui sont déneigées en priorité et règle générale, à 5 h du matin, la neige est déjà enlevée et ramassée. C'était le cas jeudi matin et ç'avait été le cas quelques autres fois cet hiver.

Malheureusement, il est arrivé que des préposés au stationnement passaient par là et distribuaient des contraventions aux rarissimes clients matinaux dont le véhicule était garé sur la rue Royale, fraîchement déneigée.

Il leur est aussi arrivé d'entrer dans le restaurant en question et de recommander aux clients de déplacer leur voiture jusqu'à l'autogare ou au stationnement de la Caisse Desjardins des Trois-Rivières, après quoi ils pourraient renouer avec leurs deux oeufs et leur bacon bien froids.

Le plus simple - et le plus intelligent - ne serait-il pas de laisser tomber les contraventions pour stationnement interdit lorsque les opérations de déneigement sont complétées?

On ne peut pas blâmer personnellement les préposés au stationnement qui font leur travail en fonction des directives qu'ils reçoivent de leur employeur.

Mais ne pourrait-il pas y avoir un mot d'ordre pour faire preuve de gros bon sens quand de telles situations se présentent? Est-ce à ce point compliqué de définir ce qu'est le gros bon sens?

Il y a des personnes qui, visiblement, manquent totalement de jugement. On parle ici d'un petit restaurant, de quelques véhicules sur une artère commerciale large et dégagée.

Ce qui est encore plus honteux, c'est d'entendre les représentants de la Ville banaliser les doléances du commerçant qui se plaint de la situation et réaffirmer le caractère strict de la réglementation.

Le porte-parole de la Ville a indiqué qu'on comprenait le propriétaire du restaurant de vouloir avoir «un privilège particulier». Il ne s'agit pas, ici, d'analyser la situation sous l'angle du privilège ou du passe-droit, mais de la simple expression du discernement et de la jugeote.

Il y a quelques années, le maire lui-même s'était étonné, pour ne pas dire insurgé, de constater le manque de jugement qui caractérise parfois le travail des préposés au stationnement. Il avait demandé que cesse la pratique selon laquelle les agents utilisaient des rubans à mesurer pour vérifier la distance qui séparait les roues d'un véhicule de la bordure de trottoir. Yves Lévesque avait même personnellement demandé à deux agents «d'être plus tolérants et de ne pas se faire haïr pour rien».

Oui, il existe des règlements municipaux dont l'application est souvent nécessaire. Mais l'est-elle toujours? Loin de là.

Le mot d'ordre doit venir du conseil municipal. La Ville doit décider si elle adopte l'intransigeance et l'arrogance sur toute la ligne, quitte à se tailler une réputation de ville tatillonne qui ne cherche qu'à piéger le citoyen et le touriste pour garnir ses coffres, ou si elle fait preuve de discernement pour du même coup améliorer les relations qu'elle entretient avec ses citoyens et l'accueil qu'elle réserve à ses visiteurs.

Dans ce cas-ci, c'est clairement un pas en arrière dans tout ce qui est mis en oeuvre par la Ville et surtout par la Société de développement commercial pour améliorer le centre-ville et pour en favoriser la fréquentation.

Il ne faudrait quand même pas que Trois-Rivières devienne le pire ennemi de son propre centre-ville.

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