Ce gala-là...

En décidant de maintenir le choix de Denis... (Daniel Jalbert)

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En décidant de maintenir le choix de Denis Roy comme personnalité de l'année, la Chambre, par la voix de son jury des Radisson, a voulu faire ce qu'on appelle en anglais un statement, une prise de position, un geste symbolique.

Daniel Jalbert

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il faut reconnaître que la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières a une bonne moyenne au bâton.

En trente et un ans de galas visant à honorer les entreprises et entrepreneurs du coin, elle n'a jamais vraiment connu de controverse reliée à ces remises de prix.

Mais, depuis vendredi dernier, peut-être parce qu'on est en manque de tempêtes cet hiver, on peut dire que la polémique frappe fort. Et la Chambre gère la crise en amateur.

Pourtant, il n'y avait pas matière à s'affoler. On ne vient quand même pas de découvrir que Radisson était pédophile...

D'accord le choix des gagnants des prix Radisson dans certaines catégories pouvait donner lieu à des questionnements, à des discussions. Des gérants d'estrade, il y en a partout.

Mais on est en train d'en faire tout un plat, ce qui a forcé la Chambre à devoir remettre les pendules à l'heure en catastrophe, entraînant les maladresses qu'on observe actuellement.

En fait c'est l'accumulation des critiques qui est ici difficile à gérer. Parce qu'elles sont de natures différentes.

Certains remettent en question le choix de Denis Roy comme personnalité d'affaires masculine de l'année en raison de la faillite de sa firme, Egzakt.

D'autres trouvent insuffisants les mécanismes de vérification dans le processus de sélection des gagnants, parce que la nouvelle entreprise de l'année, L'Entrepôt de la lunette, a une proche parenté d'administrateurs avec une autre société, DirectLab, qui s'est retrouvée en faillite et qui a frustré IDE Trois-Rivières de 125 000 $.

D'autres encore - notamment le maire Yves Lévesque - ont eu la mâchoire à terre en constatant qu'on n'a pas fait gagner l'Amphithéâtre Cogeco dans la catégorie de l'entreprise touristique de l'année.

Bref, les controverses sont venues sur plusieurs flancs.

Oui le processus de sélection aurait dû être plus étanche dans le cas de L'Entrepôt de la lunette. L'évaluation des dossiers devrait aussi comporter une vérification du parcours des entrepreneurs, pas seulement une analyse financière.

Mais dans le cas du choix des gagnants dans les différentes catégories, y compris Denis Roy et Boréalis, ils sont le résultat d'un processus crédible et du travail d'un jury indépendant.

En décidant de maintenir le choix de Denis Roy comme personnalité de l'année, la Chambre, par la voix de son jury des Radisson, a voulu faire ce qu'on appelle en anglais un statement, une prise de position, un geste symbolique.

Un hommage saluant l'implication et le rayonnement du lauréat sur l'ensemble de sa carrière. Et c'est tout à fait défendable. On honore ici une personnalité et non une entreprise.

Dans le cas de Boréalis, c'est l'inverse. On honore l'entreprise, avec - on le présume - ce que ça implique sur le plan de la gestion, des ressources humaines, du service à la clientèle.

Le rayonnement et le succès populaire, comme ceux qu'a pu avoir l'Amphithéâtre, peuvent bien n'être qu'un aspect parmi d'autres. Heureusement, on a remis à l'Amphithéâtre le prix Coup de coeur. Ça devrait réconforter le maire à qui il faudrait rappeler que Boréalis est aussi une créature de la Ville. Il devrait en être fier.

L'évaluation des dossiers se veut objective, avec une belle série de critères pour le jury. Or, même avec les meilleures volontés du monde, le choix des lauréats, de quelque nature qu'il soit, n'est jamais totalement objectif.

Il y aura toujours une bonne part de subjectivité et d'émotivité. Formez deux jurys distincts avec les mêmes critères d'évaluation et il y aurait de fortes chances que les gagnants soient totalement différents.

L'essentiel, pour l'organisme qui chapeaute l'organisation du gala en question, c'est d'assumer les choix et de les défendre adéquatement. C'est là que la Chambre n'a pas été tout à fait convaincante. Peut-être parce qu'il y avait trois foyers d'incendie à éteindre.

Mais peut-être, surtout, parce que le monde a la critique facile et que peu importe ce qui aurait pu être fait, le monde aurait chialé quand même. Et quand se répandent les critiques chuchotées, ce n'est jamais sain.

C'est triste mais la Chambre ressortira éclopée de cet épisode. Elle doit en tirer des leçons.

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