Un portrait étonnant

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Le consensus scientifique est clair : l'activité humaine est actuellement la principale cause du réchauffement climatique.

Photo Agence France-Presse/BRITISH ANTARCTIC SURVEY/NASA

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On peut presque pousser un soupir de soulagement. La Mauricie et le Centre-du-Québec ne semblent pas être un terreau fertile pour les climatosceptiques de ce monde.

La population des deux régions semble non seulement consciente du réchauffement climatique, mais elle estime que celui-ci est surtout ou en partie dû à l'activité humaine.

C'est en tout cas ce que révèle une étude intéressante menée par un collectif de chercheurs de l'Université de Montréal et de quatre universités américaines, qui présente un modèle régional de la variation de l'opinion publique face à la question des changements climatiques et des causes de ceux-ci.

À l'échelle nationale, les Canadiens sont majoritairement conscients de la réalité des changements climatiques mais apparaissent divisés sur les causes du phénomène.

Selon les chiffres compilés des sondages menés au cours des cinq dernières années, 79 % de la population canadienne estime que la planète se réchauffe, comparativement à 63 % chez nos voisins du sud.

Globalement, l'étude démontre que 61 % des Canadiens sont d'avis que le réchauffement climatique est «en partie ou surtout» causé par l'activité humaine. Mais si on modifie l'énoncé et qu'on demande aux répondants s'ils sont d'accord avec le fait que le réchauffement est «surtout» causé par l'activité humaine, il n'y a qu'au Québec où cette affirmation est partagée par une majorité de citoyens, soit 53 %.

L'étude détaillée de la carte du pays, circonscription par circonscription, démontre sans grande surprise que c'est dans les zones urbaines que la sensibilité aux changements climatiques est la plus élevée et que l'attribution des causes de ceux-ci à l'activité humaine est la plus forte.

Mais là où ça devient fascinant - ou inquiétant -, c'est lorsqu'on observe la carte dans les provinces des Prairies, particulièrement en Alberta et en Saskatchewan.

La présence de l'industrie pétrolière n'est certainement pas étrangère à ce relatif aveuglement face aux conséquences de l'utilisation des combustibles fossiles, un des principaux facteurs du réchauffement climatique.

Dans la circonscription de Fort McMurray-Cold Lake, en Alberta, là où se trouvent les principaux gisements de pétrole provenant des sables bitumineux, seulement 57 % des citoyens croient au réchauffement climatique.

Pire, seulement 33 % estiment que ce réchauffement est «surtout» ou «en partie» dû à l'activité humaine. Et ça baisse à 17 % lorsqu'on affirme seulement qu'il est «surtout» dû à l'activité humaine.

À titre de comparaison, les résultats dans Laurier-Sainte-Marie, à Montréal, une circonscription très urbaine, plus jeune et plus scolarisée sont complètement à l'opposé.

Quatre-vingt-dix pour cent des répondants admettent les changements climatiques, alors que 78 % estiment que ceux-ci sont surtout ou en partie dus à l'activité humaine.

Si on considère seulement les répondants qui estiment qu'ils sont «surtout» dus à des facteurs humains, le pourcentage est tout de même de 63 %. On est loin des 17 % de Fort McMurray...

Dans les quatre circonscriptions fédérales de la région, le réchauffement est une réalité admise par 85 % de la population. Ça monte à 87 % dans Trois-Rivières.

L'étude interuniversitaire démontre bien des clivages dans l'opinion publique sur la question des changements climatiques. Mais elle démontre surtout que les Canadiens, dans l'ensemble, ne sont pas adéquatement informés sur la question des changements climatiques et sur les causes de ceux-ci.

Il n'est pas normal, avec la quantité d'informations, d'études et de statistiques disponibles sur le sujet, de ne pas admettre la réalité du réchauffement de la planète et de ne pas reconnaître en majorité l'homme comme en étant le principal responsable.

Le consensus scientifique selon lequel aucun facteur naturel ne saurait expliquer le réchauffement observé depuis plus d'un siècle est largement répandu.

On n'est pas loin du même manque de rationalité que l'on observe chez les adeptes de la théorie créationniste.

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