Une décision de grippe-sou

Louiseville est-elle à ce point mal prise financièrement pour décider... (Sylvain Mayer)

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Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Louiseville est-elle à ce point mal prise financièrement pour décider soudainement de mettre fin à son service de sauvetage nautique? Doit-elle à ce point gratter les fonds de tiroirs pour récupérer l'équivalent de 5000 $ par année?

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, est convaincu du bien-fondé de la décision d'abolir le service de sauvetage nautique par souci d'économie. Selon le maire, ça ne sert pas assez. Et il y a selon lui d'autres ressources disponibles pour effectuer des opérations de recherche et de sauvetage sur les plans d'eau ou sur les cours d'eau du coin.

Quelqu'un peut-il dire au maire Deshaies que le propre des équipements de mesures d'urgence et d'une équipe formée adéquatement pour les utiliser est justement d'y recourir le moins souvent possible? On ne se mettra pas à souhaiter que des disparitions surviennent ou que des accidents nautiques se produisent quelque part sur un plan d'eau du coin pour qu'on puisse sortir le Zodiac de Louiseville et justifier la «dépense» de 40 000 $ faite en 2011 pour doter la municipalité d'un tel service et celle de 5000 $ annuellement pour assurer la mise à jour de la formation des pompiers affectés à cette petite unité.

Les dépenses en matière de sécurité publique, surtout pour une municipalité de la taille de Louiseville, sont toujours difficiles à digérer. Mais elles sont nécessaires. Et elles ne sont jamais rentables.

Par contre, elles s'inscrivent dans la volonté d'une ville ou d'une municipalité d'offrir un service approprié, pour lequel une équipe compétente peut intervenir rapidement et efficacement. Mieux, l'expertise et les équipements peuvent être mis à profit lors d'événements pouvant survenir dans des municipalités voisines.

Il s'agit là d'un bel exemple de service supralocal qui pourrait être offert par la Ville de Louiseville. Et même si les interventions spécifiques peuvent être facturées à la pièce, on pourrait imaginer un modèle selon lequel les municipalités voisines ou la MRC de Maskinongé elle-même pourraient contribuer au financement des dépenses annuelles récurrentes, à savoir la formation des intervenants et l'entretien des équipements.

La municipalité voisine de Louiseville, Maskinongé, possède les équipements et les intervenants formés pour opérer les pinces de désincarcération en cas d'accident dans la portion sud de la MRC. Ne serait-il pas naturel que Louiseville possède le service de sauvetage nautique?

Quand il a décidé de doter la municipalité d'un tel service, en 2011, le conseil municipal de Louiseville - au sein duquel siégeait le maire actuel comme conseiller municipal - était sans doute conscient que la Ville n'allait pas avoir de retour sur investissement là-dessus.

Mais le geste a tout de même été posé, pour des considérations essentiellement liées à la sécurité et à la protection publiques. C'est une plus-value. Une valeur ajoutée à la fourchette de services qu'une ville ou qu'une municipalité décide d'offrir.

Et ce qui apparaît comme étant chiche, dans un cas comme celui-là, c'est lorsqu'on décide de reculer. Surtout quand on décide de reculer même pas cinq ans après la mise en place du service en question.

Que sont devenues les bonnes intentions et la préoccupation pour la sécurité des citoyens?

On voudrait soudainement se couvrir de ridicule et se forger une réputation de grippe-sou qu'on ne pourrait pas trouver mieux.

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