Encourageant, oui mais...

La Mauricie et le Centre-du-Québec affichent les meilleures... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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La Mauricie et le Centre-du-Québec affichent les meilleures performances en ce qui a trait au taux de croissance du nombre d'emplois entre 2013 et 2015. C'est assurément une bonne nouvelle. Mais la région partait tellement de loin qu'il aurait été difficile de faire pire.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En Mauricie, on avait presque oublié le petit bonheur que procure le fait de consulter des statistiques encourageantes.

Les dernières années nous ont amené leur lot de chiffres pas très réjouissants, surtout sur les plans démographique et économique.

Mais voilà qu'à la lumière d'une analyse des données sur l'emploi, dans le cadre de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada, on constate que la Mauricie et le Centre-du-Québec affichent les meilleures performances en ce qui a trait au taux de croissance du nombre d'emplois entre 2013 et 2015.

C'est assurément une bonne nouvelle. Mais la région partait tellement de loin qu'il aurait été difficile de faire pire.

Même si on observe une hausse significative du nombre d'emplois, on constate que la Mauricie est toujours dans le peloton de queue des régions du Québec en ce qui a trait au taux d'activité et au taux d'emploi.

Il n'y a en fait que la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent où ces taux sont inférieurs à ceux qu'on observe en Mauricie. Dans toutes les autres régions, le taux d'activité est supérieur à 60 %, permettant d'atteindre une moyenne québécoise de 64,8 %. En Mauricie, il est de 56 %, ce qui est quand même mieux que le creux historique de 53,3 % atteint en 2013.

Quant au taux d'emploi, il est de 51,6 % en Mauricie, loin derrière le taux pour l'ensemble du Québec, qui se situe à 59,9 %. Mais c'est quand même plus de trois points de pourcentage de mieux que le taux de 48,4 % observé en 2013.

Ces statistiques s'ajoutent à celles publiées dernièrement sur le revenu disponible par habitant, un autre chapitre où la région est au bas du classement. La Mauricie (23 555 $) et le Centre-du-Québec (23 614 $) font à peine mieux que le Bas-Saint-Laurent (23 317 $) et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (23 324 $). Au Québec, le revenu disponible est de 26 046 $ et pour l'ensemble du Canada, il est de 30 270 $.

On a donc encore du chemin à faire.

Mais la bonne nouvelle, c'est que la tendance semble maintenant à l'amélioration. Le taux de croissance du nombre d'emplois est un indicateur des plus pertinents pour évaluer ce renversement, et le fait d'observer une hausse pour les deux dernières années vient consolider cet élan.

Ce que ces chiffres veulent surtout dire, c'est que l'économie de la région est en mutation profonde. Plusieurs grandes entreprises ont fermé leurs portes et celles qui restent ne sont pas en croissance. Ce sont donc les petites et moyennes entreprises qui ont le plus d'impact sur les statistiques d'emploi.

Et c'est là-dessus que la région doit mettre l'accent pour assurer son développement et maintenir des statistiques en croissance. Déjà, plusieurs initiatives vont dans ce sens: la mobilisation d'entrepreneurs, d'intervenants économiques, le réseautage, le développement de créneaux d'excellence, les partenariats avec les institutions d'enseignement sont autant d'actions nécessaires pour y arriver.

Mais d'abord et avant tout, il faut arrêter de travailler en vase clos. L'annonce récente d'un partenariat entre Bécancour et Trois-Rivières pour le partage de ressources au commissariat industriel constitue un pas dans la bonne direction. Reste maintenant à resserrer les liens économiques entre le pôle Trois-Rivières-Bécancour et celui de Shawinigan. Avec la disparition d'instances comme la Conférence régionale des élus ou le regroupement des CLD et SADC de la région, les canaux de communication sont moins nombreux.

Comme le mentionnait lundi matin dans nos pages l'économiste Frédéric Laurin, il est nécessaire de développer une stratégie régionale.

Pour ça, il va falloir que les acteurs économiques mais aussi et surtout politiques, s'assoient ensemble. Et ça, c'est tout un défi.

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