Le sens du spectacle

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Vient-on d'assister au début de la fin pour Donald Trump?

Associated Press

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les Américains ont le sens du spectacle. Parfois même sans le vouloir. Les soirées électorales chez nos voisins du sud sont fascinantes à suivre. Et celle de lundi, consacrée aux caucus de l'Iowa, a non seulement été spectaculaire mais elle a donné le ton à la campagne présidentielle. Vient-on d'assister au début de la fin pour Donald Trump?

Le candidat à l'investiture républicaine mène à peu près partout dans les sondages. Il menait aussi en Iowa avant les caucus de lundi. Mais au final, c'est le sénateur texan Ted Cruz qui a obtenu la faveur des électeurs républicains de l'Iowa, avec 28 % des voix.

Trump a terminé deuxième avec 24 % et le jeune sénateur de la Floride, Marco Rubio, a causé la surprise en finissant tout juste derrière lui avec 23 % des voix.

Il ne fait pas de doute que les résultats des caucus et des primaires seront différents des sondages. Surtout chez les républicains. Quand un républicain répond à un sondage, il peut bien dire ce qu'il veut, y compris qu'il votera pour Donald Trump.

Mais une fois en caucus ou dans l'isoloir lors d'une primaire, il se rend peut-être compte plus facilement qu'il ne peut pas, en toute connaissance de cause, accorder sa confiance à cette bête étrange.

Le scénario pourrait-il se répéter dans d'autres États? Sûrement. C'est un comportement normal d'électeur.

Trump est le candidat de tous les superlatifs et ce n'est probablement pas ce que recherchent véritablement les républicains, toujours très conservateurs, malgré ce qu'ils peuvent répondre dans les sondages.

Ted Cruz et Marco Rubio ont surtout démontré, chez les républicains, qu'ils pouvaient légitimement aspirer à l'investiture, qu'il y aura bel et bien une course et que celle-ci se fera à trois.

Et il suffirait d'un ou de deux désistements dans la dizaine de candidats pour que des alliances se créent et que ça vienne changer le portrait de la situation de façon encore plus marquée.

C'est toutefois chez les démocrates que la soirée de lundi a été la plus enlevante. Il aura en fait fallu attendre à mardi midi pour qu'on confirme la victoire de Hillary Clinton sur son adversaire Bernie Sanders. Seulement trois dizièmes de 1 % séparaient les deux adversaires.

L'Iowa avait échappé à Hillary Clinton en 2008 et cela avait clairement marqué le début de l'ascension d'un certain Barack Obama vers la présidence.

La secrétaire d'État ne pouvait se permettre de perdre une deuxième fois cet État, puisqu'elle perdra sans doute le New Hampshire la semaine prochaine.

Mais même si elle a remporté l'Iowa, Mme Clinton n'a peut-être pas gagné autant que son adversaire, Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont, en terminant pratiquement à égalité, a démontré qu'il est un aspirant sérieux. Il rallie les jeunes malgré ses 74 ans. Bernie Sanders, c'est l'idéalisme incarné. C'est de la gauche comme on en a rarement vu aux États-Unis.

Les sondages prévoient de belles performances de Bernie Sanders, surtout au New Hampshire - l'État presque jumeau du Vermont. Mais l'avance de sa rivale est encore confortable à l'échelle nationale.

Les Américains nous ont habitués aux soirées enlevantes, où les résultats serrés font que ça bascule d'un côté comme de l'autre. On a encore bien en mémoire le fameux recomptage de la Floride, en 2000. Et les courses enlevantes entre Barack Obama et John McCain en 2008.

Et encore plus celles entre Obama et Mitt Romney dans des États comme la Floride, l'Ohio, le Minnesota ou l'Indiana, en 2012. Quelques centaines de votes séparaient les candidats.

L'histoire récente nous démontre qu'il y a peu de sondages qui tiennent. Et c'est ce qui rend captivantes les courses à l'investiture.

Oui les élections aux États-Unis sont de grands spectacles, qui mettent parfois en scène de singuliers personnages.

Et une bête étrange.

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