À quand la parité pour les régions?

Julie Boulet fait un retour au cabinet libéral.... (Le Soleil)

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Julie Boulet fait un retour au cabinet libéral. On la voit ici alors qu'elle est félicitée par son chef Philippe Couillard.

Le Soleil

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La parité hommes-femmes au sein d'un conseil des ministres - ou du moins la volonté de se rapprocher de celle-ci - est un sujet à la mode. Dans le contexte du remaniement ministériel orchestré par le premier ministre Philippe Couillard cette semaine, on a beaucoup parlé de l'augmentation de la représentation féminine au sein de ce conseil. Avec presque 40 pour cent de femmes au cabinet, l'effort est louable.

Il y a quelques mois, on avait aussi salué la composition du cabinet de Justin Trudeau, qui comptait autant de femmes que d'hommes. Et on avait élevé Jean Charest au rang de pionnier, en 2007, quand il avait atteint cette parité au sein de son conseil des ministres. Bien souvent, l'effort des premiers ministres est d'autant plus remarquable parce qu'ils doivent souvent puiser dans un bassin de députés qui compte plus d'hommes que de femmes.

Quand on regarde la composition du conseil des ministres présenté par Philippe Couillard jeudi, il est pertinent de se demander pourquoi n'a-t-on pas la même sensibilité envers les régions.

Il ne fait pas de doute que les régions sont les grandes perdantes du remaniement ministériel.

Sur 28 ministres, on en compte seulement huit qui viennent des régions autres que Montréal - en incluant Laval et la Montérégie riveraine - et Québec. Et bien souvent, ce sont pour des fonctions ministérielles de moindre importance ou carrément inventées de toutes pièces pour accommoder la représentativité régionale. Les ministres provenant des régions s'occupent des mines, de l'agriculture, du loisir et du sport, du tourisme, des forêts, de la faune, des parcs, des affaires maritimes... La plupart sont des ministres délégués ou des ministres responsables et n'ont donc pas de portefeuille à proprement parler. Et quand ils en ont un, celui-ci dépasse rarement le milliard de dollars.

L'autre absurdité de ce remaniement ministériel est de confier le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire - qui s'appelait ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire jusqu'à la formation du premier gouvernement Couilard - à un ministre de l'ouest de l'île de Montréal, Martin Coiteux, à qui on a aussi donné le titre de ministre responsable de la région de Montréal.

Le développement économique régional est maintenant intégré au portefeuille de l'économie et il est sous la responsabilité du ministre délégué aux PME, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional. Quand c'était Jean-Denis Girard, député de Trois-Rivières, cela paraissait sensé. Mais quand c'est Lise Thériault, députée d'Anjou-Louis-Riel - encore sur l'île de Montréal -, c'est absurde.

Même quand on regarde certains enjeux touchant directement les régions, notamment l'énergie et les ressources naturelles, on constate que le titulaire est un député de la métropole, Pierre Arcand, dont la circonscription de Mont-Royal n'a rien à voir avec la forêt ou les barrages hydroélectriques.

Il y a beaucoup de mépris pour les régions dans ce gouvernement libéral. Ce même gouvernement qui a coupé les vivres aux conseils locaux de développement et aux conférences régionales des élus. Ce même gouvernement qui a éliminé les centres de santé et de services sociaux sur des territoires définis pour les centraliser au sein de treize CISSS et neuf CIUSSS. Ce même gouvernement qui s'apprête à pulvériser les commissions scolaires.

Non, décidément, il n'y a rien de réjouissant pour les régions dans cette nouvelle version du gouvernement de Philippe Couillard.

Et ce sont ces mêmes régions qui sont aux prises avec des défis démographiques importants et qui font face à des difficultés économiques considérables.

Vraiment, avec un pouvoir aussi centralisé dans les mains de députés de la métropole ou de la capitale, il y a tout lieu d'espérer qu'on jour, devant la composition des conseils des ministres, on s'excitera autant pour la parité régionale - ou la volonté ferme de se rapprocher de celle-ci - qu'on le fait pour celle des genres.

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