Par la grande porte

Le nouveau conseil des ministres.... (Le Soleil)

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Le nouveau conseil des ministres.

Le Soleil

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La région est contente. Jean-Denis Girard l'est peut-être un peu moins mais il ne le laisse pas trop paraître. Julie Boulet est de retour au conseil des ministres. Par la grande porte.

Même si la nomination des ministres est la prérogative du premier ministre, on ne peut pas dire que Philippe Couillard a fait une fleur à Julie Boulet. À la limite on pourrait dire qu'il lui a tendu un rameau d'olivier, mais les métaphores s'arrêteraient là.

Philippe Couillard avait besoin de Julie Boulet. Bien sûr, ne jouons pas à l'autruche, il avait d'abord besoin d'elle parce que c'est une femme et qu'il voulait augmenter la représentation féminine au sein du cabinet. Mais il avait surtout besoin de son expérience, de sa popularité, de sa capacité à bien faire avancer les dossiers.

Au sein du conseil des ministres nommé jeudi, Julie Boulet est celle qui, chez les femmes, possède la plus longue feuille de route ministérielle. Elle a été ministre pendant neuf ans. Cent huit mois exactement. C'est plus que n'importe quelle autre femme au conseil des ministres. Et chez les hommes, il n'y a que Pierre Paradis, Sam Hamad, Laurent Lessard et Jean-Marc Fournier qui ont - légèrement - plus d'expérience que la députée de Laviolette.

On lui a offert le portefeuille du Tourisme. Ce n'est pas un grand ministère. Ce n'est surtout pas un ministère à problèmes. La dernière chose que souhaitait Julie Boulet était de se retrouver à la tête d'un ministère à controverses ou dont le champ d'intervention s'expose fréquemment à une grogne sociale ou à une visibilité médiatique pas toujours agréable.

Le ministère du Tourisme, c'est un budget d'environ 140 millions $. Peut-être un peu moins maintenant que Québec a décidé de confier au privé tout le volet de la promotion touristique à l'étranger. Cent quarante millions $, ce n'est rien à côté des gros ministères. Quand elle était aux Transports, Julie Boulet avait entre les mains un budget de 2,8 milliards $ annuellement.

Au-delà du portefeuille ministériel, le rôle le plus intéressant pour Julie Boulet, celui qu'elle connaît le mieux, c'est celui de ministre responsable de la région de la Mauricie. Là-dessus, la région peut se réjouir du fait que le réseau de contacts est demeuré à peu près intact dans l'appareil gouvernemental et que Julie Boulet a toujours ses entrées dans les différents ministères.

Ce n'est pas pour rien que les maires de la région, qui s'ennuyaient d'elle au conseil des ministres, se disent heureux de retrouver leur interlocutrice privilégiée à l'Assemblée nationale. Quand Julie Boulet était ministre, ils n'étaient pas rare que des maires, dont celui de Trois-Rivières, passaient par-dessus leur député pour parler directement à celle qu'on a toujours appelée tout simplement Julie.

Bien sûr, au cours des deux dernières années, on affichait un respect poli pour Jean-Denis Girard, mais ce dernier, victime de son manque d'expérience parlementaire, n'avait pas les contacts et les réflexes politiques de sa collègue de Laviolette. Le député de Trois-Rivières a été bon joueur, hier encore, en assistant à la cérémonie marquant le remaniement et en commentant avec philosophie sa rétrogradation au rang de simple député.

Mais dans son cas, ce n'est peut-être que partie remise. L'homme n'a pas mal paru dans l'exercice de ses fonctions ministérielles même s'il n'a pas cassé la baraque non plus. Comme son collègue Robert Poëti, Jean-Denis Girard a peut-être, malgré lui, été victime de la volonté du premier ministre de faire plus de place aux femmes.

De façon plus générale, la réintégration de Julie Boulet au conseil des ministres s'inscrit dans la volonté de Philippe Couillard de marquer une rupture avec le contexte politique des deux dernières années. Il dit entrevoir des eaux plus tranquilles et il a pris les moyens pour conduire l'équipe libérale vers la prochaine élection: plus d'humanité et moins d'austérité, entend-on.

Si cela s'avère, personne ne s'en plaindra.

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