Un gros câlin interrives

Décidément, les fréquentations entre Bécancour et Trois-Rivières vont... (Sylvain Mayer)

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Décidément, les fréquentations entre Bécancour et Trois-Rivières vont bon train.

Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est tout de même une sacrée coïncidence. Les maires de Trois-Rivières et de Bécancour ont choisi la journée du 21 janvier pour sceller le partenariat des deux villes en matière de développement économique. Ironiquement, le 21 janvier, c'était aussi la Journée internationale du câlin. Et ce n'est même pas une blague.

Décidément, les fréquentations entre Bécancour et Trois-Rivières vont bon train. Après avoir évoqué il y a un an et demi la fameuse ZEN - pour zone économique naturelle - de part et d'autre du fleuve, le maire Jean-Guy Dubois s'est adressé jeudi matin à la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur du Québec pour entre autres confirmer la conclusion d'une entente de partenariat entre la Ville de Bécancour et Innovation et Développement économique Trois-Rivières. Et comme symbole fort pour marquer le coup, son voisin d'en face Yves Lévesque assistait aussi à ce déjeuner.

Ce n'est pas rien. Les deux villes posent un premier geste concret - si on exclut la tenue d'un salon de l'emploi réunissant des employeurs et des institutions des deux rives - pour définir un nouveau cadre et un nouveau périmètre géographique de développement économique. Le partage de ressources humaines touchant notamment la prospection, le démarchage, l'accompagnement spécialisé aux projets et aux entrepreneurs, la maximisation des retombées des grands chantiers et les activités de réseautage sont au coeur de ce partenariat.

Déjà, c'est une excellente nouvelle en soi.

Depuis la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, la collaboration entre Trois-Rivières et de Bécancour, sur le plan économique, est devenue plus soutenue et plus concrète. Le fleuve est maintenant perçu comme un trait d'union plutôt que comme une barrière entre les deux communautés.

En fait, on ne sait même plus s'il faut encore dire «deux communautés». Parce que depuis longtemps, Statistique Canada inclut Bécancour dans ce qu'on appelle la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières. Et on définit une RMR comme étant un espace d'au moins 100 000 habitants formé d'une ou de plusieurs municipalités adjacentes, lesquelles doivent avoir un degré d'intégration élevé avec le noyau. Ce degré d'intégration est déterminé par le pourcentage de navetteurs, établi d'après les données du recensement sur le lieu de travail et le lieu de résidence.

Avec plus de 30 000 véhicules qui empruntent chaque jour le pont Laviolette, on se doute bien que Bécancour et Trois-Rivières s'échangent des centaines, voire des milliers de travailleurs quotidiennement. Il suffit aussi de voir le développement résidentiel au pied du pont Laviolette, sur la rive sud, pour constater que ce secteur est devenu une zone privilégiée d'étalement urbain, un refuge pour ceux qui souhaitent un compte de taxes moins élevé.

Il faut bien reconnaître également que les affinités dans d'autres domaines comme la santé, l'éducation, la culture et le tourisme, sont plus naturelles entre Bécancour et Trois-Rivières qu'entre Bécancour et les deux principaux pôles du Centre-du-Québec que sont Drummondville et Victoriaville.

On est peut-être encore loin d'une fusion entre les deux villes, mais on semble de plus en plus se rapprocher d'un rattachement de Bécancour - et il faudra voir si Nicolet pourrait être tentée de suivre - à la région de la Mauricie.

En 2002, lors des fusions municipales, la nouvelle ville de Trois-Rivières faisait fi de la rivière Saint-Maurice. Une région administrative peut bien faire fi d'un fleuve. En Montérégie, le Saint-Laurent sépare déjà la rive sud de la presqu'île de Vaudreuil-Soulanges, qui fait pourtant partie de cette région.

Non décidément, il n'y a pas de doute que l'annonce de jeudi va beaucoup plus loin que le partage de ressources en matière de développement et la création d'un commissariat industriel unique.

Elle vient peut-être de sonner le glas de la région du Centre-du-Québec telle qu'on la connaît depuis sa création en 1997.

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