Un bon coup nommé McMahon

L'Université du Québec à Trois-Rivières... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'Université du Québec à Trois-Rivières

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La nomination tant attendue est tombée mardi en milieu d'après-midi. Un peu comme une fumée blanche qui annonce l'élection d'un pape, le communiqué du bureau du premier ministre a mis fin à une période d'attente en annonçant, sans grande surprise, la nomination de Daniel McMahon comme nouveau recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Et c'est la meilleure chose qui pouvait arriver à cette institution.

Il faut bien admettre que la nomination de M. McMahon arrive comme une bouffée d'air frais pour l'institution trifluvienne, qui a traversé son lot d'épreuves au cours des dernières années.

L'homme a fait ses preuves. Et il connaît l'institution. Il y a été chargé de cours, professeur, directeur de département et vice-recteur à l'administration et aux finances. Il a aussi laissé sa marque à la Ville de Nicolet, où il a été maire de 1995 à 2001, et à la MRC de Nicolet-Yamaska, dont il a été le préfet de 1997 à 2001. Depuis 2004, il était à la tête de l'Ordre des comptables agréés du Québec, devenu en 2012 l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec.

Un comptable. C'est exactement ce dont avait besoin l'UQTR. Et un comptable capable de faire de la politique, c'est encore mieux. Parce qu'au fond, c'est ça le travail d'un recteur. 

L'UQTR tente de sortir d'une crise majeure qui a miné sa crédibilité et même menacé ses opérations de financement populaire. La démission forcée de la rectrice Nadia Ghazzali, en mai, constituait en soi une première étape à une opération de redressement, particulièrement après le rapport accablant du Vérificateur général du Québec.

L'intérim assuré depuis presque huit mois par André G. Roy n'a pas donné lieu à de nouveaux rebondissements, sauf peut-être un relatif remous médiatique causé par le refus du conseil d'administration d'aller de l'avant avec le projet d'équipe de football universitaire. On retiendra davantage, toutefois, l'aboutissement du projet de campus universitaire à Drummondville, dont l'inauguration a eu lieu il y a quelques jours à peine.

Si l'image de l'institution semble s'améliorer peu à peu, il reste un bon coup de barre à donner dans sa gestion. Et Daniel McMahon est assurément l'homme de la situation. Avec des déficits prévus d'une dizaine de millions $ pour chacune des deux prochaines années, il faudra poser des gestes importants. Et il y a fort à parier qu'un comptable ne tolérera pas qu'une crise financière comme celle de 2013 se reproduise et qu'on se retrouve avec moins de 500 $ dans le compte courant de l'institution.

Aux mauvaises langues qui diront qu'il s'agit d'une nomination partisane ou d'un cadeau politique - puisque l'ex-maire de Nicolet avait été candidat libéral défait dans Nicolet-Yamaska en 1998 -, faisons simplement remarquer que la candidature de Daniel McMahon au poste de recteur avait non seulement été bien accueillie au sein même de la communauté universitaire, mais aussi dans l'ensemble de la communauté régionale.

Partout où il est passé, l'homme a toujours laissé une image d'homme rassembleur, à l'écoute de ses collaborateurs, sensible au travail d'équipe et préoccupé par la saine gouvernance. Un gentleman, aussi.

Quand il s'est adressé au personnel de l'UQTR, en novembre dernier, Daniel McMahon a indiqué qu'il avait l'institution tatouée sur le coeur et qu'il était un farouche partisan de la transparence. C'est aussi ce dont a besoin l'UQTR par les temps qui courent.

Si elle veut jouer pleinement le rôle de moteur régional qu'elle doit normalement jouer, il est impératif que l'université retrouve la confiance de ses partenaires régionaux, qu'ils soient économiques, institutionnels, culturels ou sociaux.

Daniel McMahon est sans aucun doute celui qui peut bâtir cette confiance - appelons ça recoller les pots ou construire de nouveaux ponts - avec la communauté régionale.

Qu'un homme de cette trempe revienne aussi servir sa région, par une des plus grandes portes qui soit, on ne peut que s'en réjouir.

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