L'inévitable confrontation

La Ville de Shawinigan a choisi de refiler... (Sylvain Mayer)

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La Ville de Shawinigan a choisi de refiler la facture aux municipalités. Et si elles ne veulent pas payer, alors ce sera aux utilisateurs provenant de celles-ci d'assumer les coûts exorbitants.

Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il fallait s'y attendre. Les municipalités de la périphérie de Shawinigan ont exprimé haut et fort leur refus de participer à un exercice de médiation chapeauté par la Commission municipale du Québec dans le dossier des équipements et des services supralocaux. Et elles ont bien raison.

La réaction des maires des municipalités voisines de Shawinigan était prévisible. Il y a un peu plus de deux mois, ils ont été mis devant le fait accompli. Une étude commandée par Shawinigan révélait sans grande surprise que la tarification des services ou des équipements de loisirs pour les non-résidents devait être ajustée à la hausse. Une affaire d'équité.

Le principe même du partage des coûts pour les services supralocaux ne doit pas être remis en question. Il va de soi qu'une ville comme Shawinigan qui taxe ses propres citoyens pour se doter d'équipements ou de services adéquats, peut légitimement demander une compensation pour les voisins qui viennent profiter de ceux-ci sans pour autant être taxés en conséquence. La grande question demeure qui doit-on faire payer pour l'utilisation de ces services? L'utilisateur lui-même? Ou les municipalités? 

La Ville de Shawinigan a choisi de refiler la facture aux municipalités. Et si elles ne veulent pas payer, alors ce sera aux utilisateurs provenant de celles-ci d'assumer les coûts exorbitants.

Les voisins sont en colère. Si certains maires ont, au cours des derniers mois, laissé entendre qu'ils n'étaient pas contre le principe même, ils sont aujourd'hui bien solidaires les uns des autres et réfutent totalement la démarche initiée par Shawinigan.

Tout part de la façon dont la Ville a choisi de procéder dans ce dossier-là. En commandant unilatéralement une étude et en mettant les élus des municipalités voisines devant le fait accompli, sans possibilité de négocier ou de répartir les montants ainsi demandés, Shawinigan s'est mis à dos ses propres voisines.

Dès le départ, le maire Angers et ses collègues du conseil auraient dû envisager de travailler en concertation avec les élus des municipalités voisines, voire à s'entendre sur le mandat et la firme à laquelle on allait confier la réalisation d'une étude sur les coûts. Comment les maires des municipalités voisines peuvent-ils maintenant avoir la conviction que l'étude n'est pas tendancieuse pour satisfaire aux besoins du client, en l'occurrence la Ville de Shawinigan?

Aux yeux des petites municipalités satellites, les conclusions du rapport de Raymond Chabot Grant Thornton ne tiennent pas compte de l'environnement socio-économique et des retombées découlant de la participation des ruraux à la vie commerciale de la ville-centre. On n'arrive pas à croire que Shawinigan fait face à un manque à gagner de près d'un demi-million de dollars.

À Drummondville, où le partage des coûts pour les services supralocaux a été réglé dans l'harmonie avec 13 des 17 municipalités de la MRC de Drummond, la démarche a été participative. Il aura fallu un an de travail concerté pour en arriver à une entente qui a été jugée acceptable par la grande majorité des municipalités avoisinantes.

Non seulement Shawinigan n'a-t-elle pas pris cette initiative dès le début, mais elle a aussi refusé la main tendue par le député Pierre Giguère qui offrait ses services pour agir comme médiateur dans le dossier. On a préféré s'adresser à l'intimidante Commission municipale.

Résultat: les parties sont retranchées chacune dans leur coin.

C'est désolant parce qu'il est inévitable que des dossiers locaux vont un jour se présenter et nécessiteront une intervention concertée de Shawinigan et de ses voisines. Ce jour-là, il y a fort à parier que la collaboration sera difficile, que les canaux de communications seront obstrués, que les acteurs impliqués se feront encore la baboune.

La région n'a pas du tout besoin de ça.

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