Continuer à dénoncer

Après avoir chuté, Marguerite (nom fictif) est demeurée... (Image tirée d'une vidéo)

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Après avoir chuté, Marguerite (nom fictif) est demeurée de longues minutes au sol avant qu'un membre du personnel de la résidence Cooke vienne à son aide.

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La vidéo a fait le tour du Québec. La diffusion des images montrant des résidents en détresse laissés à eux-mêmes à la résidence Cooke de Trois-Rivières fait assurément partie des moments forts de l'année 2015. Un acte citoyen qui a permis à la fois de constater une grave problématique et, surtout, de rapidement trouver des pistes de solutions pour tenter de corriger la situation.

Il faut saluer la présence d'esprit et le courage de Mme Johanne Panneton qui a capté cette vidéo maintenant légendaire. Son initiative rappelle qu'il est impératif de dénoncer toute lacune qui touche les personnes vulnérables de notre société. Une vigilance qui peut même déboucher sur d'autres dénonciations. Quelques semaines après la diffusion de cette vidéo à Trois-Rivières, un reportage dans La Tribune de Sherbrooke levait le voile sur des histoires d'attouchements sur des dames âgées dans un CHSLD. Il ne faut jamais hésiter à rendre publics des cas d'abus ou de négligence... même si cela a pour effet d'ébranler les colonnes du temple.

Et les colonnes du temple avaient été fortement ébranlées, au mois de juillet dernier, lorsque les images montrant ces résidents de Cooke sur le sol pendant de longues minutes avaient fait le tour des bulletins de nouvelles et des réseaux sociaux. Après avoir banalisé les événements, les dirigeants du CIUSSS MCQ avaient finalement déclenché une enquête interne. Il faut dire que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, leur avait quelque peu forcé la main en qualifiant les faits de troublants et en demandant sa propre enquête ministérielle.

Quelques semaines plus tard, les grands patrons des services régionaux en santé présentaient 13 recommandations pour apporter les correctifs nécessaires. Un rapport principalement axé sur l'organisation du travail et sur une meilleure utilisation des technologies d'aide qui a satisfait le ministre de la Santé. Difficile de savoir, six mois plus tard, si ces nouvelles mesures ont eu un impact immédiat sur les soins donnés aux personnes en perte d'autonomie. Disons que c'était déjà un bon pas en avant.

Mais au-delà de ces subtilités administratives, la diffusion de cette vidéo a surtout fait en sorte que les travailleurs en santé doivent aujourd'hui être un peu plus attentifs en présence de résidents à risques et que les directions des centres d'hébergement doivent être davantage à l'écoute lorsque ces mêmes employés viennent leur dire qu'ils manquent de ressources pour bien s'occuper de ces personnes. Enfin, c'est ce qu'on est en droit d'espérer.

Or, dans un récent reportage dans Le Nouvelliste, Mme Panneton et des instances syndicales indiquaient que les choses n'avaient pas beaucoup changé sur le terrain. C'est carrément désolant d'entendre ça. Raison de plus de continuer à dénoncer les lacunes observées dans les lieux d'hébergement et dans le milieu hospitalier. D'ailleurs, à la suite des événements survenus à Trois-Rivières, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec avait mis en place la ligne 1 844 FIQ-AIDE et pas moins de 2000 dénonciations avaient été recueillies en moins de trois semaines. Il est permis d'espérer que les directions et employés concernés arriveront à assurer un minimum de vigilance envers nos personnes âgées souvent sans défense si les cas comme celui dénoncé par Mme Johanne Panneton continuent à être dévoilés au grand jour. C'est définitivement la pression de l'opinion publique qui parviendra à faire changer les choses.

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