Girard ou Julie?

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Julie Boulet fera-t-elle un retour au conseil des ministres au détriment de Jean-Denis Girard?

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les passionnés de politique en ont eu pour leur argent en 2015. Du côté fédéral, la longue campagne électorale a principalement alimenté les discussions. Plus près de nous, le couronnement de PKP au PQ et l'achèvement des travaux de la commission Charbonneau ont pris beaucoup d'espace dans les médias.

Le nouveau gouvernement Trudeau vivant sa lune de miel et le gouvernement Couillard s'étant pratiquement entendu avec la majorité des employés de la fonction publique, on est en droit de s'attendre à une année politique 2016 un peu moins rock 'n roll. Et c'est bien tant mieux. Un peu d'accalmie nationale nous permettra de suivre de plus près certains politiciens de chez nous qui pourraient vivre une année assez mouvementée merci.

À Trois-Rivières, tous les yeux seront rivés sur le député Jean-Denis Girard dont les fonctions de ministre responsable de la Mauricie sont grandement menacées par un possible retour de Julie Boulet au cabinet des ministres.

En effet, des observateurs prétendent que l'expérimentée politicienne pourrait reprendre du gallon lors du remaniement prévu en début d'année. On peut même considérer que ses chances sont bonnes quand on sait que Philippe Couillard veut profiter de ce remaniement pour avoir une meilleure représentation féminine et des régions. Chose certaine, si elle ne revient pas ministre dans ces conditions, elle ne le sera plus jamais.

Il s'agirait pour la députée d'un retour à la lumière après un passage très sombre lors duquel elle a été passablement écorchée à la suite de son témoignage à la commission Charbonneau. Il est même surprenant d'entendre qu'elle pourrait reprendre un portefeuille ministériel, elle qui avait été carrément mise sur la voie d'évitement par son premier ministre.

Mais l'absence de blâme de la commission Charbonneau et, surtout, sa très grande popularité dans sa circonscription lui donnent visiblement encore de la valeur aux yeux de son parti. Le premier ministre Couillard devrait cependant y penser encore un peu avant de réintégrer celle qui pourrait s'avérer une proie trop facile pour l'opposition.

Jean-Denis Girard est évidemment celui qui a le plus à perdre d'un possible retour de Julie Boulet comme ministre. Il faut dire que l'ancien président de la Chambre de commerce du Coeur-du-Québec n'a rien cassé depuis sa nomination. En même temps, il n'a pas fait de gaffe majeure et représente un bon et fidèle soldat pour le parti. Des qualités qui seront prises en compte dans le prochain remaniement. 

C'est davantage auprès des instances régionales que M. Girard a besoin de redorer son blason. De toute évidence, ses responsabilités de ministre l'empêchent d'être proactif dans sa propre région, lui qui nous avait habitués à un peu plus de combativité dans des dossiers locaux comme la fermeture de Gentilly-2. Il devra avoir plus de mordant s'il ne veut pas perdre trop de lustre aux yeux de l'électorat régional.

Le député de Trois-Rivières pourrait notamment agrandir le cercle de son fan club s'il pouvait aller chercher rapidement, en début d'année, la confirmation tant attendue de la subvention de 26 millions $ pour la construction du nouveau colisée à Trois-Rivières. Reste à voir s'il est en mesure de mettre suffisamment de pression sur son gouvernement pour faire aboutir ce dossier qui traîne en longueur.

En fait, le défi de Jean-Denis Girard, s'il demeure ministre, sera de défendre davantage ses dossiers auprès de son parti sans pour autant devenir un poids facilement remplaçable pour son gouvernement. Pas évident! À bien y penser, peut-être serait-il plus utile pour la région sans limousine ministérielle...

Girard n'est pas le seul député libéral qui aurait avantage à défendre des dossiers régionaux auprès de ses patrons. À Shawinigan, Pierre Giguère recevrait sûrement de sincères félicitations s'il parvenait à trouver l'argent nécessaire pour faire agrandir l'école primaire de Saint-Boniface et ainsi éviter que des jeunes écoliers doivent aller à l'école à des dizaines de kilomètres de chez eux.

Le député de Saint-Maurice doit lui aussi prendre ce dossier à bras le corps pour aller le défendre auprès de ses collègues. C'est d'ailleurs pour ce genre de projets régionaux que le travail politique prend tout son sens. Ne l'oubliez pas, messieurs les députés!

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