Aux portes de 2016

C'est ce que je nous souhaite pour l'année... (yanlev, 123RF)

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C'est ce que je nous souhaite pour l'année qui vient: mieux communiquer. Et communiquer davantage.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a toujours un petit quelque chose de nostalgique à la fin de chaque année. À moins d'avoir passé une année exécrable et d'avoir la certitude absolue que la prochaine sera forcément meilleure, on pose toujours un regard ému sur une autre étape de franchie, sur ce qui a marqué notre existence.

Ému aussi parce que le jour de l'An nous rappelle qu'il nous reste un peu moins de chemin à faire. Ému parce qu'on revoit des proches, parce qu'on en a perdu peut-être.

Au cours des prochains jours, tout le monde vous souhaitera tout et n'importe quoi.

J'ai envie d'être original et de vous souhaiter quelque chose de différent. Pour 2016, je vous souhaite - remarquez que je me le souhaite à moi aussi - de mieux communiquer. Nous sommes à une époque où la communication est rapide, où elle se déploie sur de multiples canaux. Nous vivons entourés de messages.

Nous sommes à une époque où la distorsion est facile, que l'on communique sur des réseaux sociaux ou qu'on interprète mal ce que quelqu'un nous dit en pleine face. 

Nous sommes aussi à une époque où l'interaction est devenue omniprésente. On a le commentaire facile, on s'invite dans les débats, on prend position. Encore là, la tribune facilement accessible et néanmoins puissante que constituent les réseaux sociaux nous offre du meilleur comme du pire.

C'est devenu facile de jouer les gérants d'estrade, d'émettre une opinion rapide, sans trop se préoccuper de son orthographe ou de sa rhétorique. Les opinions se diffusent à la vitesse de l'éclair. Les dérapes sont non seulement possibles, elles sont devenues fréquentes.

Pourquoi? Parce que les nouvelles qui circulent sur le web et sur les réseaux sociaux plus particulièrement ne sont pas toutes des modèles de rigueur. Ni d'authenticité. En dehors des médias dits traditionnels, qui sont réputés publier ou diffuser des nouvelles vérifiées, une multitude de sites ou de comptes bien connus sur les réseaux sociaux offrent des fausses nouvelles, assaisonnées d'un humour grinçant. Le hic, c'est que beaucoup d'internautes ne savent pas encore faire la différence entre les vraies nouvelles et ces nouvelles «humoristiques». C'est d'une tristesse...

Alors il ne faut pas attendre très longtemps avant que les commentaires fusent, à partir de faits qui n'en sont pas.

Et le même scénario vaut pour des nouvelles qui, à la base, sont réelles, mais pour lesquelles les commentaires partent dans tous les sens.

Les raisonnements sont tronqués, les conclusions sont hâtives, les sophismes sont nombreux. Et il y a une foule de sujets à la mode qui offrent sur un plateau d'argent les ingrédients de base pour des glissades dans les argumentaires: l'accueil de réfugiés syriens, l'aide médicale à mourir, le contrôle des armes à feu, les salaires des députés, ceux des médecins...

Entre individus, la notion de respect en prend souvent pour son rhume. Ça aussi c'est pathétique.

Alors malgré tous les développements que l'on connaît en matière de communication, on dirait que la santé ou la qualité de celle-ci ne fait que se détériorer.

Qu'est-ce que tout cela a à voir avec les souhaits pour 2016? Simplement que je nous souhaite de mieux s'informer, de mieux écouter, de mieux comparer les points de vue. D'attendre avant de conclure promptement. Donnons-nous la peine et le temps de mieux se comprendre, de mieux se parler. Offrons-nous le plaisir d'argumenter en étant bien au fait des enjeux. Plaçons le respect et le savoir-vivre en toile de fond de chaque prise de position. 

Sachons prendre conscience que la qualité de la communication, qu'elle soit humaine ou virtuelle, personnelle ou professionnelle, sociale ou institutionnelle, peut régler bien des maux. 

C'est ce que je nous souhaite pour l'année qui vient: mieux communiquer. Et communiquer davantage.

Et tenez, je vous lance même une invitation: utilisez ces pages pour vous faire entendre. Nos pages d'opinion sont là pour débattre en toute civilité. 

En 2016, on veut vous entendre. On veut vous lire.

Bonne et heureuse année!

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