La déception de l'année

Au chapitre des déceptions, la décision du conseil... (Montage Olivier Croteau)

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Au chapitre des déceptions, la décision du conseil d'administration de l'UQTR de refuser d'intégrer le football dans ses programmes de sports interuniversitaires se retrouve très haut sur la liste. Manque de courage? Manque de leadership?

Montage Olivier Croteau

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est l'heure des bilans en cette fin d'année 2015. Quand on jette un coup d'oeil en arrière dans les archives de l'actualité régionale, on remarque que plusieurs événements ont particulièrement fait jaser. Des moments heureux, d'autres moins.

Au chapitre des déceptions, la décision du conseil d'administration de l'UQTR de refuser d'intégrer le football dans ses programmes de sports interuniversitaires se retrouve très haut sur la liste. Manque de courage? Manque de leadership?

Avec du recul, on s'explique encore mal les raisons qui ont conduit à ce verdict. Le risque financier étant presque nul, il est extrêmement difficile de comprendre ce qui a mené à ce dénouement qui prive l'université trifluvienne d'une visibilité sans pareille et d'un potentiel de développement qui aurait permis d'attirer des jeunes de l'extérieur et d'en garder d'autres dans leur région natale.

«En raison du contexte budgétaire et des compressions du gouvernement, les membres du conseil d'administration ont décidé de ne pas donner suite au projet d'équipe de football», avait justifié le porte-parole de l'UQTR. Quoi!? Doit-on rappeler qu'on parle ici du même C.A. qui, il y a quelques mois à peine, était prêt à construire un colisée de 5000 places sur les terrains de l'UQTR. Un équipement que l'institution aurait elle-même géré et qui l'exposait à des risques financiers beaucoup plus grands que ce projet de football.

À l'époque, les administrateurs de l'UQTR s'étaient visiblement ralliés derrière la rectrice Nadia Ghazzali qui, allez savoir pourquoi, était obnubilée par ce projet de colisée. Il serait peut-être temps que les membres du C.A. cessent de prendre leurs décisions au rythme des pressions qu'ils subissent. Qu'ils fassent preuve de leadership!

Cette fois, dans le dossier du retour du football à l'UQTR, le conseil d'administration a cédé à la pression du syndicat des professeurs qui trouve «indécent» de parler de programme de football alors qu'on est sur le point «d'ouvrir les conventions pour revoir les conditions de travail». Bien d'accord, mais la venue d'un programme de football n'aurait rien enlevé aux profs de l'UQTR.

La corporation mise sur pied pour faire revivre le football universitaire ne demandait que quelques centaines de milliers de dollars à l'UQTR pour mettre à niveau le stade des Diablos. Ce qui n'est vraiment pas beaucoup pour un programme de football qui aurait accueilli environ 80 jeunes qui, sans le football, n'auraient peut-être jamais fréquenté l'UQTR. Deux nouvelles maîtrises auraient aussi été créées.

Le président du syndicat des professeurs lui-même, Ismaïl Biskri, admet  que «s'il y a création de programmes universitaires et embauche de professeurs, on ne peut être contre.» Alors, pourquoi avoir fait pression sur les membres du conseil d'administration pour dire non au football à l'UQTR? Dommage que ce beau projet soit devenu un vulgaire moyen de pression.

Le plus triste dans cette histoire, c'est de voir l'UQTR tourner cavalièrement le dos à de généreux investisseurs (plusieurs des anciens) qui étaient prêts à mettre beaucoup d'argent dans le projet et, surtout, à revenir dans le giron de leur alma mater.

Des individus - comme Yvon Michel, ancien porte-couleurs des Patriotes football dans les années 70 - qui croyaient en ce projet. Des compagnies comme le Prix du Gros qui s'était engagée à payer 3675 billets par match local pour les trois premières années de la concession, ce qui garantissait des salles combles pour cette période.

Des dirigeants comme Jean-Guy Paré, président de la Fondation de l'UQTR, qui a passé les deux dernières années à méticuleusement monter ce projet. Bref, un paquet de gens importants qui en ont gros sur le coeur aujourd'hui et qui se demandent tout simplement pourquoi.

Est-ce que l'imminente arrivée du nouveau recteur viendra donner un nouveau souffle à cette intéressante initiative? Sera-t-il trop tard? On verra bien. Peut-être que l'arrivée d'un vrai capitaine à la barre de l'UQTR permettra aux gens en place d'évaluer les projets selon leur réelle portée et non en réponse à ceux qui peuvent crier le plus fort.

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