Merci, M. Hergé

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La bibliothèque était située au sous-sol de l'église. À Saint-Gabriel-de-Brandon où je suis née et où j'ai grandi.

Une bibliothèque de fortune. Des livres pêle-mêle sur quelques tablettes ou empilés dans des cartons. Une bénévole dont le rôle se limitait à débarrer le local, le samedi matin, et à le refermer. Rien d'extravagant là, mais il y avait des trésors.

Des Tintin. Je les ai tous lus et relus et relus. J'avais huit ou neuf ans. Tintin, le petit reporter d'Hergé me faisait voyager, me faisait rêver. Il a eu pour moi une influence certaine. Il a semé l'étincelle, le désir de devenir reporter. On dit plutôt aujourd'hui journaliste. La lecture a un pouvoir magique.

Le 10 mai 1976, à la fin de mes études, je suis entrée au service du Nouvelliste. J'en étais fière. Très fière, mais intimidée. Non seulement je faisais mes premiers pas professionnels dans le métier que j'avais choisi, mais je débarquais dans un quotidien influent où les défis, j'en étais déjà persuadée, n'allaient pas manquer. Et il y en a eu. Et ils m'ont fait grandir.

J'ai été bénie des dieux. Privilégiée. J'ai pu exercer pendant 39 ans un métier qui m'a comblée, dans un milieu de travail stimulant. J'ai été journaliste sur le terrain durant 17 ans et éditorialiste depuis 22 ans. J'ai particulièrement aimé le travail d'opinion, cette interaction toute spéciale qui se noue avec les lecteurs qui réagissent et commentent vos propos.

Oui, j'ai aimé cette dynamique. J'ai toujours été heureuse d'accueillir les lettres de nos lecteurs qui voulaient à leur tour s'impliquer, prendre part aux débats publics. Leur participation apporte un éclairage pertinent à l'actualité et enrichit Le Nouvelliste

Voilà que je mets le cap vers une nouvelle aventure. J'ai finalement décidé de prendre ma retraite. 

Je salue une dernière fois les lecteurs qui m'ont fidèlement adoptée, le matin, en sirotant leur café. Je pars en ayant aussi une bonne pensée pour mes collègues qui vivent la turbulence actuelle de l'industrie des médias en train de se redéfinir et de se propulser vers l'avenir. Le Nouvelliste, bien sûr, n'y échappe pas.

Je m'en voudrais enfin de ne pas remercier la direction du journal qui m'a toujours renouvelé sa confiance et qui m'a permis de travailler les coudées franches. Je l'ai beaucoup apprécié.

Vendredi, j'ai quitté mon bureau pour la dernière fois. J'ai décroché du mur mes photos du Vietnam. J'ai remis mes clés à Doris. J'ai embrassé tout le monde. C'est fini. Je pars heureuse, sereine, mais avec une pointe de nostalgie, quand même. «Mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest», comme dirait le capitaine Haddock, comme le temps a passé vite!

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