La mince consolation

La bonne nouvelle, s'il y en a une,... (Archives, Stéphane Lessard)

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La bonne nouvelle, s'il y en a une, c'est que l'abandon du projet de FerroAtlántica apporte un certain soulagement du côté de Bécancour. Il y a des travailleurs chez Silicium Québec qui peuvent respirer un peu mieux parce que s'il y a un endroit où on craignait la concurrence de l'entreprise espagnole et de sa nouvelle division FerroQuébec, c'est bien chez Silicium Québec.

Archives, Stéphane Lessard

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On n'ira pas jusqu'à se réjouir de l'annonce faite par les dirigeants de FerroAtlántica d'abandonner leur projet de construire une usine de silicium de 400 millions $ à Port-Cartier. Mais on se doute qu'il y en a plusieurs ici, dans la région, qui ont poussé un certain soupir de soulagement en apprenant ça.

S'il avait fallu que la compagnie espagnole s'installe à Shawinigan, comme tout le monde le pensait jusqu'à ce jour de juin 2014 où le projet s'est finalement transporté sur la Côte-Nord, ç'aurait été un autre dur coup pour la région.

Il faut dire que la Mauricie et la portion nord du Centre-du-Québec commencent à déjà avoir un palmarès impressionnant de projets morts-nés ou de ballounes qui dégonflent. 

Il y a quelques jours à peine, les actionnaires d'IFFCO annonçaient la mise en veilleuse de leur projet d'usine d'engrais à Bécancour. Au cours des derniers mois, on a aussi vu mourir le projet de RER Hydro, qui avait été annoncé en grande pompe. On a aussi dû oublier le projet de Métaux rares Quest, comme celui aussi de Rio Tinto Fer et Titane.

À Shawinigan, on n'entend plus parler de l'investissement que souhaitait réaliser la compagnie brésilienne Rima. Autant de projets qui s'inscrivent dans l'auguste lignée de projets plus ou moins marquants dans la région... Qui se souvient de Qualitinox et ses chaudrons ou des produits d'entretien d'Arix pour lesquels Trois-Rivières s'est déjà pété les bretelles?

Dans le cas de FerroAtlántica, le projet abandonné à Port-Cartier devait permettre de créer 345 emplois. On parlait d'un investissement de plus de 380 millions $. Au printemps 2014, Shawinigan était non seulement dans la course pour obtenir ce projet et l'installer dans les locaux laissés vacants par la fermeture de Rio Tinto Alcan, mais elle apparaissait comme étant la favorite.

Un changement de gouvernement soudain et le projet a pris la direction de Port-Cartier. On dira que le port en eau profonde a été un facteur déterminant. Mais on chuchotait alors surtout que les libéraux n'avaient pas envers la Mauricie la dette morale que traînait le Parti québécois depuis la fermeture de Gentilly-2. Et Port-Cartier, ça fait bien plus «Plan Nord» que Shawinigan.

Ce qui étonne, dans la décision de FerroAtlántica, c'est l'impression d'improvisation que laisse paraître cette décision de renoncer au projet nord-côtier. Dans ses démarches préliminaires, la compagnie avait toujours fait preuve de sérieux et de rigueur.

Soudainement, les dirigeants se rendent compte que la Chine devient un joueur majeur qu'il est difficile de concurrencer sur le terrain du silicium. Comme si on n'avait pas tenu compte des fluctuations du marché du silicium ou de l'émergence de producteurs importants. 

Là-dessus, l'échec du projet n'est pas sans rappeler la mise en veilleuse du projet d'IFFCO à Bécancour. Là aussi on parle de conditions économiques défavorables et des cours mondiaux de l'urée qui remontent. Les études de faisabilité et les données préparatoires à l'implantation d'une usine ne tiennent-elles donc compte uniquement que des situations favorables et des cours des matières premières à leur plus bas niveau? 

La bonne nouvelle, s'il y en a une, c'est que l'abandon du projet de FerroAtlántica apporte un certain soulagement du côté de Bécancour. Il y a des travailleurs chez Silicium Québec qui peuvent respirer un peu mieux parce que s'il y a un endroit où on craignait la concurrence de l'entreprise espagnole et de sa nouvelle division FerroQuébec, c'est bien chez Silicium Québec.

Il y a quelques mois à peine, Silicium Québec chiffrait à près de 200 millions $ les pertes potentielles dues à l'implantation de FerroAtlántica. Ce n'est pas rien.

Le plus ironique, c'est que lorsque FerroAtlántica avait voulu s'implanter au Québec, Bécancour n'avait pas poussé trop loin ses efforts de persuasion, voyant que Shawinigan avait alors une longueur d'avance. Ironie du sort, c'est peut-être Bécancour elle-même qui profitera du désistement des Espagnols.

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