Une affaire mal menée

Non, mais quelle opération mal menée! Tellement d'ailleurs... (Sylvain Mayer)

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Non, mais quelle opération mal menée! Tellement d'ailleurs que le conseil municipal a dû effectuer un repli en catastrophe, mardi soir, pour tenter de calmer le jeu. Le voilà qui renonce, dit-il, à hausser drastiquement dès janvier la tarification des loisirs pour les participants non-résidents.

Sylvain Mayer

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Décidément, la tentative de Shawinigan d'imposer aux municipalités voisines un nouveau partage de la facture des services supralocaux va devoir s'inscrire au palmarès des fiascos politiques.

Non, mais quelle opération mal menée! Tellement d'ailleurs que le conseil municipal a dû effectuer un repli en catastrophe, mardi soir, pour tenter de calmer le jeu. Le voilà qui renonce, dit-il, à hausser drastiquement dès janvier la tarification des loisirs pour les participants non-résidents.

La fameuse hausse ne devrait entrer en vigueur qu'en juin. Pour sauver la face, le maire a annoncé qu'il allait soumettre le dossier litigieux à la médiation de la Commission municipale du Québec. Mais pourquoi faire intervenir cette Commission? Pour tenter d'impressionner les municipalités autour en donnant un caractère pompeux à la démarche? 

Pourquoi le maire Angers n'a-t-il pas retenu l'offre du député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, d'intervenir pour essayer de rapprocher les parties? Même le président de la Chambre de commerce locale, Martin Saint-Pierre, désire apporter sa contribution parce que ses membres sont vivement préoccupés des conséquences de cette crise intermunicipale.

Les commerçants craignent, en effet, que des résidents mécontents de l'extérieur soient tentés non seulement de bouder les loisirs de Shawinigan, mais de les boycotter par mesure de représailles. Il me semble qu'il y avait ici une offre intéressante de régler ça en famille. Ou du moins d'essayer.

Si l'affaire en cause a pris des proportions démesurées, c'est bien parce que la Ville de Shawinigan a très mal géré le dossier depuis le début.

Il y a un an, le maire Michel Angers avait fait connaître son intention de négocier un nouveau partenariat avec les municipalités autour afin que chacune paie sa juste part des services de loisirs de Shawinigan dont profitent leurs citoyens, souvent déjà moyennant une tarification légèrement plus élevée. La Ville a entre-temps commandé une étude indépendante pour déterminer le coût de ses services et calculer le partage à être imposé aux municipalités voisines. 

Fin octobre, le maire prend ses homologues par surprise en les conviant à une rencontre où il leur présente le tableau et la facture. L'espace de négociation est ténu: si les municipalités ne paient pas, on facturera en conséquence sans plus tarder leurs citoyens qui veulent s'inscrire à des activités ou profiter des loisirs de Shawinigan.

Ça a été plutôt mal reçu. Faut quand même comprendre. Dans le cas de Notre-Dame-de-Mont-Carmel, la réclamation s'élève à près d'un quart de million! Peut-on penser qu'à quelques semaines de la préparation des budgets, la demande du maire Angers allait passer comme lettre à la poste?

Face à un refus, Shawinigan a donc décidé qu'à compter de janvier, il en coûterait beaucoup plus cher aux non-résidents pour profiter des loisirs locaux. L'affaire, on l'a vu, a soulevé un tollé qui a pris de court Shawinigan. Si le maire Angers croyait forcer ainsi la main de ses homologues, il s'est trompé.

Non seulement les citoyens autour n'ont pas exigé de leurs conseils municipaux qu'ils allongent un chèque à Shawinigan, mais ils se sont plutôt mobilisés pour décrier l'attitude de Shawinigan au point de faire peur aux commerçants. Oui, on peut parler de fiasco.

Il aurait plutôt fallu que le maire Angers se donne du temps pour négocier tout cela en douceur, pour permettre aux autres de digérer la nouvelle et aussi pour que les municipalités concernées puissent faire une analyse détaillée de l'étude sur laquelle s'appuie Shawinigan pour aller de l'avant.

On parle de quelque chose comme un demi-million de dollars à diviser entre neuf municipalités. Est-ce vraiment justifié au sou près? Est-on certain qu'il n'y a pas d'erreurs? Que tous les facteurs ont été considérés? Pourquoi donc se précipiter et pénaliser du jour au lendemain les non-résidents? Que c'était malhabile!

Il est bien possible qu'à l'avenir elles soient de plus en plus nombreuses les villes à vouloir discuter de nouveaux partenariats en matière de partage de services et de loisirs. Mais ça doit se négocier en douceur, de bonne foi. La manière impériale n'a pas sa place ici.

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