L'homme d'État

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Samedi dernier, le quotidien américain New York Times lui a consacré un éditorial élogieux. Justin Trudeau, en bras de chemise, accueillant chaleureusement en pleine nuit le premier contingent des 25 000 réfugiés syriens que le Canada a promis de recevoir au cours des prochaines semaines

La Presse Canadienne

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Samedi dernier, le quotidien américain New York Times lui a consacré un éditorial élogieux. Justin Trudeau, en bras de chemise, accueillant chaleureusement en pleine nuit le premier contingent des 25 000 réfugiés syriens que le Canada a promis de recevoir au cours des prochaines semaines; la nouvelle a d'ailleurs fait le tour du monde.

Le New York Times n'a pas hésité à saluer la grande générosité du Canada, le premier pays en Amérique du Nord à ouvrir ses portes aux réfugiés syriens, et le leadership dont fait preuve le nouveau premier ministre canadien. Une marque d'appréciation qu'on peut qualifier de prestigieuse.

 Non seulement bien des Américains sont réticents à en faire autant, mais le dinosaure qui veut devenir leur président, Donald Trump, va jusqu'à dire que les États-Unis devraient carrément fermer leurs frontières à tout musulman. Il est clair que dans un tel contexte, le Canada de Justin Trudeau, à plus forte raison après les années ternes du régime Harper sur la scène internationale, apparaît comme un chef de file progressiste. 

Des cyniques auront conclu que la présence du premier ministre à l'aéroport Pearson n'était qu'une démonstration de marketing, qu'une occasion pour monsieur Trudeau de se faire du capital politique. C'est une lecture injuste et réductrice des événements. Comment peut-on reprocher à un premier ministre de témoigner personnellement de l'action de son gouvernement? Comment peut-on lui reprocher de vouloir, par sa présence, sécuriser les nouveaux arrivants, leur démontrer qu'ils sont réellement les bienvenus chez nous, bref donner l'exemple?

Comment peut-on reprocher à un premier ministre de faire honneur à son pays sur la scène internationale? Autant il convient de saluer l'initiative de monsieur Trudeau, autant le même geste posé deux jours plus tard à Montréal par le premier ministre québécois, Philippe Couillard, avait l'air d'une pâle récupération. En matière de symbolique, il faut savoir doser pour limiter les effets secondaires.

 En quelques semaines seulement, force est d'admettre que le nouveau premier ministre canadien s'est véritablement approprié sa fonction. Il n'a pas le charisme de son père et n'est pas non plus un tribun remarquable, mais il connaît un début de mandat franchement impressionnant.

Peut-être un peu aussi parce que nos attentes à son égard étaient modestes. Dans l'opposition, il ne s'était pas particulièrement signalé. En campagne électorale, il était difficile d'évaluer son potentiel, mais dans les habits du premier ministre, Justin Trudeau s'est révélé. On le sent en contrôle de la siutation.

 Il a formé un cabinet solide et surtout, jusqu'ici, il a tenu ses promesses: dégel des relations fédérale-provinciales, baisses d'impôt pour la classe moyenne, confirmation de la fin des frappes aériennes au Moyen-Orient, lancement de la grande commission d'enquête sur la disparition et l'assassinat de femmes autochtones, accueil accéléré d'un grand nombre de réfugiés syriens. En matière de changements climatiques, l'approche de Justin Trudeau a même été applaudie par Steven Guilbeaut d'Équiterre. C'est pourtant rare que les gouvernements trouvent grâce à ses yeux. Surtout le précédent.

Bref, Justin Trudeau a posé jusqu'à maintenant des gestes de nature à donner de la crédibilité à son jeune gouvernement même si on peut trouver à critiquer, comme par exemple les baisses d'impôt pour la classe moyenne qui devaient se faire à coût nul en augmentant l'impôt des plus riches. On vient d'apprendre que la promesse avait été mal évaluée et qu'elle va coûter plus cher que prévu. N'empêche que les Canadiens de la classe moyenne qui vont en bénéficier ne trouveront certainement rien à redire au fait que leur gouvernement tienne parole.

 Le changement de ton et la nouvelle dynamique qui se sont installés à Ottawa en peu de temps représentent une véritable bouffée d'air frais. On verra ce que l'avenir réserve à cette jeune administration, mais on peut voir que son premier ministre est en train de s'imposer, sans doute à la surprise de bien des Canadiens, comme un véritable chef d'État.

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