Secrets de réserves

16% des femmes victimes d'homicide entre 1980 et... (MARTIN LEBLANC, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

16% des femmes victimes d'homicide entre 1980 et 2012 étaient autochtones, alors que cette minorité ne constitue que 4% de la population féminine au pays.

MARTIN LEBLANC, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il a tripoté et agressé des petites filles de moins de 10 ans, violé des femmes de sa communauté, des faits dégoûtants qui se sont échelonnés sur une période de 40 ans.

L'ancien chef de police de la réserve Wemotaci, en Haute-Mauricie, Jean-Paul Néashish, vient d'être reconnu coupable, au palais de justice de La Tuque, des gestes qu'on lui reprochait.

Il connaîtra sa sentence plus tard. En attendant, le procès de l'ancien chef de la communauté, Marcel Boivin, lui aussi accusé d'agressions sexuelles, va s'instruire. Vive la vie dans les réserves!

On voit le tableau d'ici. Comment des femmes vulnérables vivant en milieu éloigné peuvent-elles bien obtenir secours et assistance quand des personnes en autorité de leur propre réserve peuvent les traiter comme des objets de soulagement?

Cinq femmes de Wemotaci ont finalement brisé le silence et obtenu justice. On peut se demander combien d'autres femmes et enfants vivent ou ont vécu des situations d'exploitation, en Haute-Mauricie comme ailleurs, mais n'ont pas osé parler ou bien n'ont pas été épaulées dans leurs démarches pour confondre les agresseurs.

Ce que les statistiques confirment c'est que les femmes autocthones sont trois fois plus victimes de violence que les autres Canadiennes. Violence en tous genres, y compris conjugale. Ces femmes ne comptent que pour 4 % de la population féminine du Canada, mais pour 16 % des victimes de meurtres. Il y a une tragédie ici que toutes les enquêtes qui se sont penchées sur la réalité des peuples des Premières nations, n'ont pas réussi à corriger. 

Michèle Audette, l'ex-présidente de l'Association des femmes autocthones du Canada, a déjà affirmé que 80 % d'entre elles ont été abusées ou agressées au cours de leur vie. Troublant.

Inutile de dire que madame Audette, comme bien d'autres, se réjouissaient cette semaine de voir que le nouveau gouvernenent Trudeau a décidé de tenir sa promesse et de mettre en branle dès maintenant une vaste commission d'enquête portant précisément sur les 1200 cas non résolus de femmes autocthones disparues ou assassinées au Canada dans une indifférence qu'on doit qualifier de coupable.

Une revendication, qui date de 10 ans déjà, à laquelle le gouvernement Harper n'a jamais jugé bon acquiescer. Après avoir vidé l'abcès du scandale des pensionnats, celui du sort réservé aux femmes autocthones doit aussi maintenant trouver réponse, mais surtout solutions.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer