La poule aux oeufs d'or

L'asclépiade....

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L'asclépiade.

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Asclépiade. Retenez bien le nom savant de cette mauvaise herbe qui pousse en abondance en Mauricie. Vous savez ces petites boules qu'on surnomme les p'tits cochons? Eh bien cette plante qui apparaissait sans intérêt il y a quelques années à peine, est véritablement en voie de permettre à la MRC de Mékinac de développer une industrie de la soie aux promesses franchement emballantes.

La MRC locale y croit dur comme fer. Avec raison. Elle veut faire en sorte de s'imposer comme la capitale provinciale de cette nouvelle fibre. Ce n'est pas pour rien qu'elle va investir 100 000 $ dans ce nouveau créneau économique, au cours des trois prochaines années, pour épauler les agriculteurs désireux d'en faire pousser à grandeur industrielle sur leurs terres. On aura besoin de beaucoup de plants pour soutenir les producteurs qui voient s'ouvrir devant eux toutes sortes de marchés au potentiel incroyable. 

Présentement, on peut compter sur environ 200 hectares d'asclépiade en culture sur le territoire de la MRC de Mékinac. C'est la moitié de la production québécoise. Mais la MRC voudrait qu'on ait bientôt 1000 hectares en culture. Le principal actionnaire de l'entreprise Encore 3, qui vient d'ouvrir une usine de traitement à Saint-Tite, François Simard, affirme même qu'il faudra que le Québec vise une production de 2000 hectares si on veut répondre à l'appétit croissant des marchés. 

Parce qu'il risque d'y avoir de la compétition ailleurs au Québec, la MRC de Mékinac a justement tout intérêt à susciter au plus vite la participation des agriculteurs de son milieu. On comprend bien qu'il y a des emplois à la clé et de l'activité économique à l'avenant. On peut imaginer que différentes entreprises de transformation pourraient être éventuellement intéressées à s'établir non loin de leur matière première. 

Tout de même étonnant. Il y a à peine quatre ans, on ne savait pratiquement rien de cette plante qu'on croyait insignifiante et qu'on s'est fait fort de rebaptiser le soyer du Québec, maintenant qu'on y a trouvé un intérêt économique grandissant qui fait d'elle une sorte de petite cousine de la soie.

En effet, l'asclépiade produit une sorte de soie végétale aux propriétés surprenantes. On s'est rendu compte qu'elle pouvait servir d'isolant aux manteaux, par exemple. Un isolant qui serait beaucoup plus performant que la plume d'oie, le polyester ou même le polar. On imagine ici l'intérêt pour l'industrie du textile.

L'asclépiade peut entrer aussi dans la fabrication de literie hypoallergène, on peut en faire des produits de soins corporels, l'utiliser pour ses propriétés absorbantes, pour ses graines qui entrent dans la composition de diverses huiles, etc.

On a même réussi cette année à produire un miel d'asclépiade unique. Plus la production de cette plante sera généreuse, plus le secteur de l'apiculture pourrait y trouver également son compte.

Bref, pour la MRC de Mékinac, en cette ère de diversification économique, cette opportunité de développement équivaut à la poule aux oeufs d'or.

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