La date de péremption

Pour se prémunir contre la corruption au niveau... (La Presse Canadienne)

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Pour se prémunir contre la corruption au niveau municipal, faudrait-il limiter la durée de mandat des maires? Voilà l'une des  réflexions que lance la commission Charbonneau dans son rapport dévoilé mardi.

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour se prémunir contre la corruption au niveau municipal, faudrait-il limiter la durée de mandat des maires?

Voilà l'une des  réflexions que lance la commission Charbonneau dans son rapport dévoilé mardi. Une piste de réflexion qui n'ira pas bien loin, d'autant plus que la Commission n'apporte elle-même aucun éclairage au débat.

 Limiter, par exemple, à huit ans la durée de mandat d'un maire peut-il nous garantir qu'aucun copinage, favoritisme ou acte répréhensible ne surviendra durant l'administration en cours? Évidemment non. Il n'y a certainement pas d'équation directe à faire entre éthique et longévité. 

Il aurait été intéressant que la Commission puisse citer des exemples ailleurs au pays ou dans le monde qui prouvent qu'il s'agit-là d'une police d'assurance à considérer. Manifestement, elle n'en avait pas.

 D'ailleurs, pourquoi devrait-on imposer une date de péremption aux maires, mais pas aux députés et aux premiers ministres? 

Et pourquoi pas aussi aux directeurs généraux des villes qui passent de longues années dans l'ombre du pouvoir et qui sont en position d'influencer les élus? 

 Évidemment, on peut être portés à penser que des cas comme celui de l'ex-maire Gilles Vaillancourt, qui a régné durant 25 ans sur Laval et qui est présentement accusé de fraude, de corruption et de gangstérisme, parlent fort. Mais les dérives qu'on lui attribue sont-elles imputables à la seule longévité ou bien à la malhonnêteté? Est-ce qu'une personne de haute probité peut se mettre du jour au lendemain à avoir la morale élastique tout juste passé le cap des deux mandats? Surprenant. 

D'ailleurs, pensons-y. Le mandat de lieutenant-gouverneur chez nous est tout à fait limité dans le temps et ça n'a pas empêché Lise Thibault de frauder sans scrupule les contribuables.

 Il sera toujours intéressant qu'il y ait régulièrement du renouveau, du sang neuf, dans une administration publique, mais en dernier ressort il revient aux citoyens concernés d'en décider au moment des élections. Pourquoi les obliger à renoncer à un élu expérimenté qui a toute leur confiance? 

Le rapport de la commission Charbonneau suggère différentes façons d'agir pour minimiser les risques de dérive dans l'administration publique et l'octroi de contrats. Il faut s'en inspirer. Après tout, mieux vaut miser sur la vigilance et la mise en place de contrôles rigoureux pour assainir les pratiques. 

En cas de doute, il y a toujours l'UPAC qui peut intervenir.

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