Le train de la rive nord

La gare de Trois-Rivières... (François Gervais, archives)

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La gare de Trois-Rivières

François Gervais, archives

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La promesse du nouveau gouvernement fédéral de doubler les investissements en infrastructures d'ici à 10 ans, afin de stimuler l'économie, n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. En Mauricie, où l'on rêve depuis 30 ans au retour du train de passagers sur la rive nord, on estime le moment propice pour relancer le dossier.

Il y a là, en effet, une belle fenêtre à saisir. Durant le règne des conservateurs, chaque fois que le sujet revenait sur le tapis, c'était toujours non. On estimait le projet trop cher et peu crédible. Quelle sera l'ouverture du gouvernement Trudeau à cet égard?

En campagne électorale, le nouveau premier ministre a répété qu'il croyait en l'avenir du transport collectif et qu'il serait disposé à soutenir les initiatives d'infrastructures vertes. Le train dont on parle ici s'inscrit parfaitement là-dedans.

Peu de gens croient possible de ranimer le vieux projet d'un TGV Québec Windsor qui ferait escale à Trois-Rivières. Même ceux qui s'en faisaient les ardents promoteurs, comme l'ancien maire de Québec, Jean Pelletier, ont fini par croire qu'il valait mieux miser modestement sur une bonne rénovation de l'ancien circuit. On s'est donc mis à parler davantage depuis une dizaine d'années d'un projet de train rapide plutôt que du modèle TGV. On peut penser qu'avec l'impact des changements climatiques, l'idée d'un train utilisant l'énergie électrique pourrait faire son chemin, un projet jugé moins coûteux que le TGV et sa facture de gros milliards de dollars étourdissants.

Une rencontre avec la haute direction de Via Rail, initiée par la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, aura lieu mercredi. La délégation régionale comprendra aussi le maire Yves Lévesque, son collègue de Bécancour, Jean-Guy Dubois, de même que les députés de Trois-Rivières, de Maskinongé et de Saint-Maurice-Champlain. Il est clair que le groupe voudra se faire rassurer par le président de Via Rail, Yves Desjardins-Siciliano, qui était justement de passage à Drummondville, la semaine dernière, et qui a dit devant les membres de la Chambre de commerce locale que Drummondville faisait partie des plans d'expansion de Via Rail. Pas besoin de dire que la rive nord est ici en compétition avec la rive sud. On ne peut pas raisonnablement espérer que le gouvernement va soutenir deux grands projets parallèles. Les tenants du train sur la rive nord ont besoin de s'activer pour éviter de se faire damer le pion par la rive sud.

Investir dans le développement ferroviaire est un concept qui n'a pas vieilli d'une ride. Sa pertinence repose toujours sur la lutte aux gaz à effet de serre, sur une vision d'avenir du transport en commun, sur les coûts de carburant, sur le vieillissement d'une population susceptible d'augmenter l'achalandage ferroviaire, etc.

Aussi légitime que ce soit le retour du train de passagers sur la rive nord, on peut croire qu'il aura de la compétition, outre celle de Drummondville. L'argent promis aux infrastructures, on parle d'une somme de 125 milliards de dollars sur dix ans, fera bien des envieux. On a qu'à penser aux urgences municipales en matière de réfection des réseaux d'égouts et d'aqueduc pour s'en convaincre. Il faudra donc une solide mobilisation pour espérer voir un projet rive nord s'inscrire pas trop loin dans la liste des priorités. C'est bien pourquoi, même si la rencontre de demain part d'une bonne intention, elle aurait eu plus d'impact et plus d'écho si on avait associé à la démarche toutes les parties intéressées, particulièrement les grandes villes du corridor Québec-Windsor. Après tout, il ne s'agit pas d'un projet régional.

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