Pauvreté chronique

L'étude constate que le recours aux banques alimentaires... (Photothèque Le Soleil)

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L'étude constate que le recours aux banques alimentaires a été plus élevé qu'avant le déclenchement de la crise économique en 2008 dans une mesure de 26 %. Cela signifie que par rapport à 2008, chaque mois, 175 000 personnes de plus demandent de l'aide.

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les banques alimentaires à la grandeur du pays sont de plus en plus sollicitées comme le révèle une étude nationale dévoilée mardi. Voilà bien là un constat décourageant dans une société prospère comme la nôtre.

La réalité frappe fort dans notre région aussi. Les demandes «mensuelles» d'aide alimentaire à Moisson Mauricie-Centre-du-Québec sont passées de 16 123 en 2014 à 18 794 cette année. Faut-il s'en surprendre quand on sait que notre région est auréolée du triste titre de championne provinciale pour son taux d'assistance sociale? Près des deux tiers des personnes faisant appel régulièrement à l'aide alimentaire sont justement des assistés sociaux.

On comprendrait que les banques alimentaires existent dans une optique de dépannage, mais qu'elles soient devenues une réponse communautaire à plein temps au problème de la faim témoigne bien du fait que nos efforts de lutte à la pauvreté et notre filet social ne sont pas à la hauteur du défi.

Les demandes d'aide alimentaire ont bondi de 26 % depuis le choc économique de 2008, malgré le fait que l'état de l'emploi se soit amélioré depuis. C'est dire que la reprise n'a pas profité également à tous. L'augmentation du coût de la vie, particulièrement du panier d'épicerie, a été telle ces dernières années que même les travailleurs à bas salaire peinent à joindre les deux bouts; les statistiques nous disent que 10 % de la clientèle de l'aide alimentaire sont des travailleurs.

 Comment changer le portrait? La lutte à la pauvreté doit s'articuler autour de plusieurs axes, comme le clament les divers intervenants sur le terrain: mettre plus de logements à prix abordable à la disposition des pauvres, augmenter le salaire minimum, les prestations d'aide sociale, les pensions des aînés, l'accès à l'assurance emploi; en faire plus pour soutenir les itinérants et ceux qui sont aux prises avec la maladie mentale, etc.

Bref, frapper à la porte des gouvernements pour en soutirer un peu plus. Est-ce qu'on peut croire qu'on vient d'inventer là les boutons à quatre trous qui vont régler le problème par enchantement?

 Et si on menait une véritable réflexion sociale autour du revenu minimum garanti? Le nouveau gouvernement finlandais a promis de mettre en place un projet pilote à cet égard. Une expérience à suivre. Quand le modèle traditionnel faillit à la tâche, pourquoi ne pas envisager une autre avenue?

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