La réaction qui s'impose

Justin Trudeau... (Le Droit)

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Justin Trudeau

Le Droit

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Justin Trudeau s'est fait élire en promettant que le Canada mettrait fin aux frappes aériennes auxquelles il collabore contre l'État islamique. Les récents événements de Paris et l'appel à la mobilisation internationale qui en découle obligent le Canada à revoir sa position. Du moins pour les mois qui viennent. C'est un devoir moral. Un devoir de solidarité.

Alors que la coalition contre l'État islamique se raffermit, que la France se dit en guerre et intensifie ses propres bombardements, que la Russie a commencé elle aussi des frappes contre les positions du groupe et que des voix s'élèvent pour appeler l'ONU à prendre position, il est surréaliste de voir le nouveau premier ministre canadien continuer à plaider à ce moment-ci pour un désengagement du Canada. Même le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, n'est pas d'accord. Si les terroristes avaient pris d'assaut une salle de spectacle de chez nous et tué à l'aveugle des centaines de nos compatriotes, aurions-nous trouvé suffisant que le Canada ait une réponse timorée à l'agression?

Certes, le Canada va honorer sa promesse d'accueillir à court terme 25 000 réfugiés syriens et il va continuer à appuyer la coalition, mais il veut le faire sous forme de soutien et non d'action. Bref à contre-courant de l'offensive qui se prépare. Quel message cela envoie-t-il?

Les Canadiens seraient-ils prêts à accepter que monsieur Trudeau diffère sa promesse? Que quelques avions CF-18 continuent de prendre part aux attaques? On peut le croire. L'état de crise actuelle semble bien le commander alors même que le pape François n'hésite pas à évoquer le spectre d'une troisième guerre mondiale.

L'an dernier, les attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa, attribués à des loups solitaires radicalisés, ont fait réaliser aux Canadiens qu'ils n'étaient pas à l'abri de l'horreur. Les attentats de Paris ont sans doute convaincu ceux qui en doutaient encore que les cibles peuvent être chacun de nous. N'importe quand. Où qu'on puisse se trouver. Sur la rue, dans un resto, dans un autobus, etc.

On comprend que le Canada et nombre d'alliés ne veulent pas s'enliser dans une guerre conventionnelle qui puisse s'étirer à n'en plus finir. Ce dont on parle ici ce n'est pas d'une invasion au sol, mais d'une réponse ciblée et musclée du haut des airs, capable de déstabiliser sérieusement les djihadistes. Une telle opération renforcée ne devrait pas s'éterniser si elle est bien menée. Intensifier, dans un effort soutenu et concerté, les bombardements sur le fief des barbares dans la région de Raqqa ne peut que les affaiblir et les faire reculer des territoires qu'ils ont conquis au nord syrien et irakien. Ces territoires leur servent de refuge et de base d'entraînement. L'occupation actuelle provoque la fuite de milliers de citoyens apeurés qui cognent aux portes de l'Europe dans l'espoir d'échapper à l'enfer. L'occupation de territoires permet aussi à l'État islamique de disposer des ressources sur place, notamment de puits de pétrole, ce qui leur fournit les fonds nécessaires pour former et armer leurs combattants. Comment les en déloger sinon par la force? Avec ces gens-là, il n'y pas de négociation, ni de dialogue, ni de compromis possible.

Il faut frapper un grand coup pour désorganiser le mouvement terroriste. Non, on ne pourra pas, même dans une éventuelle victoire à cet égard, espérer avoir vaincu le monstre pour autant. Le terrorisme, on l'a assez répété, c'est un ennemi sournois difficile à éradiquer. Il devra rester une priorité pour les gouvernements démocratiques qui devront continuer après coup, quoi qu'il en soit, à collaborer au niveau du renseignement, à faire preuve de vigilance à tous égards et de fermeté, et à multiplier les actions de prévention pour éviter que des jeunes esprits vulnérables ne cèdent à la radicalisation.

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