Le non du président

Barack Obama... (La Presse)

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Barack Obama

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le président américain y est allé d'un non catégorique, hier, au controversé projet d'oléoduc Keystone, de quoi alimenter l'ardeur des nombreux opposants à tous les autres projets du genre, dont chez nous celui appelé Énergie Est qui pourrait transporter chaque jour un million de barils de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers le Nouveau-Brunswick en passant par la Mauricie.

C'est de façon toute solennelle que Barack Obama a confirmé sa décision, entouré par le vice-président et le secrétaire d'État. Monsieur Obama s'est posé en grand défenseur de l'environnement, des changements climatiques et des intérêts américains, soutenant que la construction d'un gros oléoduc transportant du pétrole albertain vers les raffineries du Texas n'aurait aucun avantage en termes économique ou d'emplois pour les Américains, que cela n'allait pas faire baisser le prix de l'essence, que la demande n'était pas là, qu'il se faisait le promoteur d'un virage énergétique moins polluant et qu'il voulait donner l'exemple. Monsieur Obama a dit qu'il ne comptait pas cautionner le développement du pétrole sale des sables bitumineux et qu'il souhaitait que les carburants fossiles restent dans le sol au profit d'autres sources d'énergie et cela pour le bien de la planète entière.

Une belle profession de foi écologique à laquelle bien des gens pourront souscrire, mais qui ne tient pas compte du fait que les États-Unis ne se sont pas gênés, ces dernières années, pour exploiter à plein régime leur pétrole de schiste qui ne figure pas non plus au palmarès des solutions énergétiques renouvelables, propres et d'avenir. À un point tel, d'ailleurs, que les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de pétrole en recourant à ces gisements tout aussi controversés et en construisant eux aussi des oléoducs à tour de bras. Leur virage vert n'est pas encore chose faite. Loin de là.

Le non américain est une bien mauvaise nouvelle pour l'industrie pétrolière albertaine qui a des ressources immenses à exploiter mais devra véritablement peiner pour acheminer sa production hors de l'Alberta et développer de nouveaux débouchés. Sans compter que les prix sont à la baisse et que l'industrie a été forcée de mettre bien des travailleurs à pied pour l'instant.

L'option oléoduc n'a pas le vent dans les voiles chez nous non plus. Les arguments de Barack Obama, on les entend ici aussi. Ce projet ne préoccupe pas seulement les écologistes, mais nombre de citoyens et de politiciens. Au Québec, l'oléoduc Énergie Est devrait traverser quelque 600 cours d'eau et de nombreuses municipalités.

Au Canada, tant le projet Gateway visant à amener le pétrole albertain vers la Colombie-britannique que le projet Énergie Est qui veut faire la même chose en direction du Nouveau-Brunswick rencontrent donc de fortes résistances. On a souvent dit que ce projet serait bon pour le Québec, mais cela est très contesté, encore plus depuis ces derniers jours alors qu'on a appris qu'il n'y aurait pas de port construit en sol québécois pour recevoir le pétrole.

On ne sait pas ce que l'avenir réserve à l'industrie pétrolière albertaine, mais les perspectives à moyen terme ne sont pas encourageantes pour elle. Le nouveau débouché américain est fermé, celui de l'Ouest et de l'Est canadien n'est pas gagné non plus par oléoducs. Si l'administration américaine passe aux mains des républicains, l'an prochain, eux qui y sont favorables, est-ce que le projet Keystone pourrait repartir? En attendant, est-ce qu'il faut s'attendre à voir le transport par train tout absorber?

Reste à voir aussi comment le nouveau gouvernement Trudeau va naviguer à ce chapitre.

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