Un exercice réussi

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Le nouveau premier ministre Justin Trudeau a dévoilé la composition de son Conseil des ministres, mercredi.

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

Il ne l'admet pas ouvertement, mais on peut penser que le nouveau député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, est déçu de ne pas faire partie de l'équipe ministérielle du nouveau gouvernement canadien.

Surtout qu'il en a le potentiel et que son nom revenait souvent quand les observateurs de la scène politique essayaient de deviner qui pourrait bien faire partie du saint des saints.

Monsieur Champagne pourra toutefois se consoler: il n'est pas le seul à avoir échappé une limousine. Sur les 184 élus libéraux, un lot impressionnant de candidats ayant une feuille de route étoffée feront partie du Parlement canadien, la plupart à titre de simple député, comme monsieur Champagne. Ce dernier, comme bien d'autres, aura été victime du nombre de bons candidats élus, de la parité hommes-femmes et de la géographie. 

 La Mauricie n'aura donc pas ses entrées au conseil des ministres. Du moins pas dans un avenir prévisible. Tout comme les Laurentides, l'Outaouais, l'Abitibi ou la Côte-Nord. On peut être désappointés parce qu'on a été habitués longtemps à avoir un premier ministre issu de la région et parce que ça fait 22 ans maintenant que la Mauricie n'a pas été représentée à un conseil des ministres canadien, mais ça n'enlève rien au nouveau député de Saint-Maurice-Champlain qui aura l'occasion de faire ses classes et de plaider en faveur de la région auprès de son gouvernement. Le nouveau premier ministre a promis de faire plus de place aux simples députés. On verra. Qui sait ce que l'avenir réserve à monsieur Champagne. 

 Ce qu'on peut conclure cependant de la nomination du nouveau cabinet fédéral, c'est que le premier ministre Justin Trudeau avait l'embarras du choix et qu'il a constitué un cabinet qui s'annonce solide, impressionnant et diversifié. Et pour la première fois depuis longtemps, le Québec y sera davantage représenté. Six ministres sont des députés québécois, sans compter le premier ministre lui-même. Certains élus à des postes importants comme Stéphane Dion aux Affaires extérieures ou Marc Garneau aux Transports. Les députés choisis pour représenter les régions sont deux femmes, une de la Gaspésie et l'autre de l'Estrie, et un économiste de Québec, Jean-Yves Duclos.

Une majorité des ministres du gouvernement sont des nouveaux-venus en politique fédérale, cela amènera inévitablement un vent de fraîcheur, un renouveau. Parce que l'agenda du nouveau gouvernement est costaud, on aura vite l'occasion de voir de quel bois ils se chauffent.

Justin Trudeau a fait campagne sur le changement. Il a nous a présenté, hier, un cabinet plus modeste que celui de Stephen Harper, plus jeune, plus diversifié, plus équilibré. On a voulu un groupe de décideurs à l'image du Canada d'aujourd'hui, on a donc confié des responsabilités à des membres de communautés ethniques et autochtones. On a bien senti l'ère du renouveau dans le style et sur la forme. On jugera maintenant le nouveau gouvernement sur le fond. Les occasions ne manqueront pas. Le fait que monsieur Trudeau se soit gardé la responsabilité des relations intergouvernementales semble bien indiquer qu'il veut favoriser un meilleur partenariat avec les provinces. Qui va s'en plaindre?

 L'agenda libéral est ambitieux: une commission d'enquête sur le meurtre et la disparition de femmes autochtones, un changement de cap en environnement, la fin des frappes aériennes en Syrie, l'annulation de la commande d'avions de chasse F-18 pour les remplacer par des avions moins coûteux, l'accueil à court terme d'environ 25 000 réfugiés du Moyen-Orient, la réforme des institutions parlementaires à temps pour l'élection de 2019, la légalisation de la marijuana, une baisse d'impôts pour la classe moyenne, un large programme d'investissements dans les infrastructures, la mise sur pied d'une nouvelle allocation pour enfants non imposable, la renégociation avec les provinces d'une nouvelle entente sur les soins de santé, le maintien du courrier à domicile, etc.

Déjà, la confirmation du retour du recensement long a fait bondir de joie les scientifiques et les historiens.

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