Le pari des mordus

La corporation visant un retour du football à... (Photomontage: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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La corporation visant un retour du football à l'Université du Québec à Trois-Rivières estime que tout est en place afin de permettre aux Patriotes de connaître du succès au stade Diablos.

Photomontage: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Y aura-t-il du football universitaire à Trois-Rivières en 2017? Le conseil d'administration de l'UQTR n'en finit plus de reporter sa décision. Pourquoi, si l'Université  n'a pas à s'impliquer dans son financement annuel? Y a-t-il des considérations qui nous échappent? On en sait trop rien puisque les discussions sont menées à huis clos.

Si l'UQTR s'apprêtait à investir un million $ par année dans une telle aventure en plus de payer sa part de l'agrandissement nécessaire du stade des Diablos et de démarrer le projet évalué à 3 millions $, il y aurait lieu de critiquer son intérêt par les temps qui courent. 

L'UQTR, ne l'oublions pas, a subi les foudres de la vérificatrice générale du Québec, plus tôt cette année, pour sa gestion pitoyable de certains dossiers, comme la construction du campus de Drummondville. Son projet de colisée a été écarté et carrément désavoué par la communauté universitaire. Elle n'a pas encore de recteur attitré depuis le départ précipité de Nadia Ghazzali et elle s'aligne sur un sombre déficit de 10 millions $.

On voit mal quelle crédibilité et quelle marge de manoeuvre elle aurait pour s'ériger en promoteur d'un nouveau développement et vouloir investir massivement dans le retour des Patriotes sur le circuit du football universitaire. Il s'en trouverait pour la rappeler à l'ordre et lui dire de mettre le focus sur les priorités.

Mais le projet est tout autre. Il faut le reconnaître. Ce sont plutôt des gens d'affaires et des donateurs du milieu, via la Fondation de l'UQTR, qui tiendraient le projet à bout de bras. Un peu à l'image de la structure financière mise de l'avant par les Packers de Green Bay de la NFL où c'est la communauté qui est propriétaire de l'équipe.

On parle chez nous de la création d'un organisme sans but lucratif qui gérerait l'équipe. Il faut que ce projet intéresse vraiment les mordus pour qu'un large groupe d'hommes d'affaires de la région, dont certains anciens étudiants et anciens joueurs, se soient engagés à y mettre de bons montants d'argent alors qu'on ne peut pas sérieusement parler de retour sur l'investissement. La vente de billets et les commandites soutiendraient aussi les revenus de l'équipe. Admettons que le soutien du privé ajoute une forte dose de crédibilité à la démarche.

On ne connaît pas le fin détail du montage financier, mais si au départ on comptait sur une participation annuelle de l'UQTR de quelque 100 000 $ par année, il n'en est plus question. Nombre d'universités mettent du cash dans leur programme de football, ce ne serait pas le cas de l'UQTR. Si le conseil d'administration de l'institution décide de donner son feu vert, ce sera parce qu'il est finalement d'accord pour participer à l'agrandissement du stade des Diablos au Cégep, où la future équipe universitaire aurait ses quartiers.

Il est question d'agrandir les lieux, un projet estimé à 3,2 millions $. On dit que Québec pourrait financer les travaux à hauteur de 50 % et que le reste pourrait être pris en charge par la Ville de Trois-Rivières, le Cégep et l'Université. On ne parle donc pas ici d'un investissement majeur. Est-ce que l'UQTR a obtenu toutes les garanties nécessaires à ce sujet? Est-ce ce qui retarde sa prise de décision?

Mais est-ce qu'il y a réellement un avenir pour le football universitaire à Trois-Rivières? Voilà tout le pari. Et c'est le privé qui est prêt à le prendre. Ça donne quand même à réfléchir. La brève expérience des Patriotes au football, à la fin des années 70, n'a pas été concluante, mais ça ne semble pas démonter les promoteurs et on sait qu'ailleurs, le football universitaire suscite l'engouement. Il faudrait, nous dit-on, que les Patriotes attirent environ 3675 spectateurs par match, on en prévoit cinq par année, pour qu'on parle de succès. À Sherbrooke, le Vert et Or en attire un peu moins de 5000.

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