La peine qui s'imposait

Kaven Sirois... (Olivier Croteau)

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Kaven Sirois

Olivier Croteau

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a quelques années, quand le gouvernement Harper a modifié le Code criminel pour durcir les peines à l'endroit d'adolescents commettant des crimes très graves, il y a eu un tollé. On l'a accusé de vouloir emprisonner des enfants.

Qui pourrait dire aujourd'hui que Kaven Sirois, le cerveau du triple meurtre de la rue Sicard, ne méritait pas l'emprisonnement à vie pour le scénario macabre qu'il a élaboré durant des mois et mis froidement à exécution avec un complice au matin du 11 février 2014?

On parle bien ici du pire crime qui soit: meurtre prémédité. Pas une action malheureuse sur le coup de l'émotion, pas un geste de légitime défense, pas le délire d'un malade mental, mais bien un acte soigneusement planifié. Le genre de crime qui n'appelle aucune circonstance atténuante. Une entreprise meurtrière accompagnée, dans le cas de la rue Sicard, d'une intention de faire un carnage maximum en tuant des policiers et en torturant la mère de deux des victimes visées. Les deux meurtriers avaient apporté tous les outils pour le faire: fil barbelé, râpe à fromage, produits inflammables, etc. Heureusement, la dame n'était pas à la maison comme ils le prévoyaient.

Les deux jeunes ont perpétré leur plan épouvantable sans la moindre hésitation et durant le procès, sans manifester d'empathie pour les victimes. Ils ont d'ailleurs plaidé coupable. On ne parle donc pas ici d'un duo d'étourdis qui a volé des cigarettes au dépanneur, doit être puni, mais qui peut bien mériter une seconde chance et la clémence de la cour. Kaven Sirois a agi par vengeance à la suite d'une déconvenue amoureuse.

Les gens sont cyniques devant la justice. L'affaire Turcotte, qui s'instruit présentement pour la seconde fois, le démontre bien. Ils estiment que les sentences ne sont pas suffisamment dissuasives. Qu'on trouve toujours toutes sortes de facteurs atténuants pour ne pas sévir comme il se doit. Comment auraient-ils réagi si le juge Bruno Langelier avait décidé d'attribuer une peine pour adolescent à Kaven Sirois, que ce dernier avait évité l'emprisonnement et passé les prochaines années seulement en milieu fermé? Nombreux sont ceux qui auraient conclu qu'on avait banalisé le calvaire des trois adolescents terrifiés et assassinés à bout portant d'une balle dans la tête. Qu'on n'avait pas tenu compte des conséquences épouvantables sur les proches.

Les deux meurtriers, qui étaient âgés l'an dernier de 16 et 17 ans, avaient certes des problèmes psychologiques et de dépendance à la drogue, mais ils n'ont pas été jugés inaptes à subir leur procès. On a donc estimé qu'ils étaient parfaitement conscients de ce qu'ils ont fait.

On ne sait pas encore quelle sentence aura le deuxième meurtrier. C'est à venir. On ne sait pas non plus encore si Kaven Sirois, condamné à vie avec possibilité de libération conditionnelle dans dix ans, s'en ira au pénitencier ou bien à l'Institut Pinel. Quoi qu'il en soit, il est clair que les deux complices auront besoin d'un suivi serré et que la société doit être protégée. Sont-ils réhabilitables? Les psychologues ne s'entendent pas là-dessus, mais semblent croire en tous cas que si réhabilitation il y a, ce sera long. Très long.

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