Gare aux raccourcis! 

Avant de paniquer et de conclure qu'on doit...

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Avant de paniquer et de conclure qu'on doit dorénavant se nourrir de graines comme les oiseaux, il faut aller plus loin que les gros titres et prendre garde aux raccourcis.

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les charcuteries et les viandes rouges associées au cancer. Le rapport de l'Organisation mondiale de la santé sur le sujet a eu un énorme retentissement et alarmé les carnivores, les steak houses et les bouchers. Mais avant de paniquer et de conclure qu'on doit dorénavant se nourrir de graines comme les oiseaux, il faut aller plus loin que les gros titres et prendre garde aux raccourcis.

D'abord, le rapport, qui fait suite à des centaines d'études déjà rendues publiques dans le passé, ne condamne pas totalement la consommation de ces aliments. Il lève un drapeau rouge.

 Ce qu'on confirme, c'est que la consommation de viandes transformées (charcuteries, viandes fumées, jambon, etc.) conduit à un risque accru de développer un cancer colorectal de l'ordre de 18 % pour chaque portion de 50 grammes consommés par jour. Autrement dit, si quelqu'un mange un hot dog par jour ou bien du bacon tous les matins ou bien un sandwich au jambon de trois tranches chaque midi, il est plus à risque. Le mangeur très occasionnel de saucisses ou de pepperoni, n'est pas condamné pour autant. 

 Quant à la viande rouge (boeuf, porc, veau, agneau, cheval), on parle d'un potentiel cancérigène «probable» de 17 % dans les cas de de consommation quotidienne de 100 grammes. On dit probable parce que les données scientifiques à ce jour ne sont pas formelles et on ne sait toujours pas comment la viande rouge pourrait occasionner un grave problème; on pense, par exemple, qu'au-delà de la viande elle-même, la cuisson à haute température pourrait générer des composés chimiques nocifs pour la santé. 

 Quoi qu'il en soit, des spécialistes et nutritionnistes s'entendent pour dire qu'une livre de viande (450 grammes) par semaine, soit environ trois portions, n'aurait rien de compromettant. Surtout que la viande rouge demeure une excellente source de protéines et de fer. 

Bien sûr, le rapport ne doit pas être banalisé non plus et mérite de notre part une réflexion. Il nous invite à repenser notre assiette en y ajoutant davantage de légumineuses, de poissons et de volailles. C'est d'ailleurs ce qui se passe chez nous depuis quelques années où la consommation de viande rouge est en décroissance. Question de prix, d'inquiétude pour la santé ou de mode alimentaire? On ne sait trop. 

Que ce soit pour la malbouffe, le café, le sel, le sucre, les boissons gazeuses, l'alcool ou même le soleil, l'histoire nous apprend que la modération en toute chose reste un principe gagnant.

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