Les femmes du ghetto

Il y a 40 ans, alors ministre des Affaires indiennes, Jean Chrétien avait... (Archives Le Nouvelliste)

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a 40 ans, alors ministre des Affaires indiennes, Jean Chrétien avait déposé un Livre blanc sur la question autochtone dans lequel il plaidait pour l'abolition des réserves. Il estimait, avec raison, le temps venu de changer les choses pour permettre aux Premières nations de mieux s'intégrer à la société canadienne et de profiter des mêmes chances et des mêmes services à tous points de vue: éducation, emplois, etc.

Vertement contesté par les chefs indiens du temps, le projet est mort au feuilleton. Comment comprendre qu'on ait privilégié le système des ghettos sinon que certains y aient trouvé leur compte quelque part. Si on était allé de l'avant à cette époque, peut-on croire que le quotidien des autochtones, particulièrement celui des femmes, aurait depuis évolué pour le mieux? On peut l'espérer. En serait-on à batailler aujourd'hui pour faire la lumière sur les 1200 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées au pays depuis 30 ans dans l'indifférence la plus totale?

En 2011, la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, déplorait une fois de plus la situation des Premières nations soulignant que la condition de vie dans les réserves empirait: enseignement, qualité des logements, qualité de l'eau potable, protection des enfants, ce qui se vivait dans ces milieux-là était jugé intolérable.

Chose certaine, le vieux système paternaliste et raciste des réserves n'a pas permis en 150 ans d'améliorer le niveau de vie des autochtones. Certainement pas l'autonomie des femmes et le respect auquel tout être humain a droit. On dit qu'elles sont trois fois plus à risque de violence que les autres Canadiennes. Et en particulier, bien sûr, dans les réserves éloignées des grands centres où isolement, dépendance, pauvreté, oisivité, alcoolisme, constituent la toile de fond de communautés qui se retrouvent toujours au palmarès des moins instruites, plus pauvres et plus malades que les autres Canadiens. En 2015, c'est une honte.

Encore une fois, un scandale, celui des allégations d'agressions sexuelles par des femmes autochtones contre huit policiers de la SQ de Val d'Or, ravive la question, particulièrement la vulnérabilité des femmes. Il y aura enquête. On va sans doute identifier des coupables. Mais après? Quand les médias auront cessé de parler du problème et qu'une autre enquête nationale va faire le tour de la question, qu'est-ce qui va changer?

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