Ministrable, oui mais...

François-Philippe Champagne... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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François-Philippe Champagne

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Moins d'une semaine après l'élection spectaculaire d'un gouvernement libéral majoritaire, les spéculations vont bon train en ce qui a trait à la formation du cabinet de Justin Trudeau. Les médias de partout au pays y vont de prédictions et de simulations pour tenter de voir ce à quoi pourrait ressembler le Conseil des ministres de ce nouveau gouvernement.

Dans la région, on parle beaucoup des qualités du nouveau député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, et de ses chances d'accéder au cabinet. Certains médias montréalais le considèrent aussi comme ministrable. Mais son nom n'apparaît pas dans les listes dressées par des médias ou des analystes au-delà des frontières du Québec. 

Il faut dire que même s'il fait déjà la démonstration qu'il est un politicien aguerri, il demeure une recrue encore inconnue du grand public. On comprend que l'homme a mis deux ans à se promener entre Sainte-Anne-de-la-Pérade et La Tuque; il n'a pas encore eu le temps d'aller charmer Toronto ou Vancouver. Si les qualités et la feuille de route personnelle de François-Philippe Champagne ne font pas de doute sur sa capacité à accéder au Conseil des ministres, il ne faudrait quand même pas s'emballer trop rapidement. 

La parité hommes-femmes promise par le chef Justin Trudeau pourrait bien avoir raison d'un aspirant ministre comme François-Philippe Champagne. Et de quelques autres candidats élus, au talent prometteur.

Qu'on s'entende: l'établissement d'une parité des sexes au sein d'un Conseil des ministres est une excellente initiative. Jean Charest a été un précurseur en la matière, en 2007, alors que son cabinet comptait autant d'hommes que de femmes, une première au Canada et dans les provinces. Mais dans le cas qui nous intéresse, c'est ce qui pourrait coûter à François-Philippe Champagne un siège au cabinet fédéral. Il suffit de faire un survol rapide des forces en présence pour s'en rendre compte.

Plusieurs facteurs - autres que l'égalité hommes-femmes - entrent alors en ligne de compte: la représentation provinciale et territoriale, l'expérience, la diversité des compétences et, à ne pas négliger, les amitiés personnelles du chef.

Justin Trudeau aura inévitablement besoin d'expérience au sein du Conseil des ministres. À ce niveau, il pourra compter sur des députés québécois incontournables comme Marc Garneau, Stéphane Dion ou Pablo Rodriguez. S'il souhaite faire de la place aux recrues, on peut penser, au Québec, à Mélanie Joly, mais aussi à des élus masculins comme Anthony Housefather ou Jean-Yves Duclos. Et la question des amitiés personnelles pourrait aussi faire passer quelqu'un comme Marc Miller, élu dans le sud-ouest de Montréal.

L'Ontario, où le Parti libéral a réalisé ses gains les plus importants, est une pépinière à ministres potentiels. Bill Blair, Chrystia Freeland, Bill Morneau, Andrew Leslie, Catherine McKenna, Adam Vaughan sont des noms qui reviennent souvent dans les pronostics. Et il y a sans doute des candidats dont on veut récompenser les victoires significatives, comme Mark Holland qui a battu le ministre Chris Alexander dans Ajax, ou encore Marco Mendicino, qui a non seulement remporté l'investiture contre la transfuge conservatrice Eve Adams, mais qui a aussi délogé le ministre des Finances Joe Oliver dans Eglington-Lawrence. 

Dans le Canada atlantique, où les libéraux ont raflé la totalité des 32 sièges, les incontournables sont surtout des hommes: Dominic LeBlanc dans Beauséjour, Seamus O'Regan à Terre-Neuve-et-Labrador, Scott Brison en Nouvelle-Écosse. Même le vieux routier Lawrence MacAulay à l'Île-du-Prince-Édouard pourrait accéder au Conseil des ministres. Beaucoup d'hommes encore... 

L'Ouest pourrait fournir au cabinet quelques femmes au parcours riche et impressionnant. Mais quelqu'un comme Ralph Goodale, indélogeable dans Regina-Wascana en Saskatchewan, sera vraisemblablement du nombre des appelés. Et si on veut faire une place à un des trois députés du Nord, les libéraux ont le choix entre... trois hommes.

Bref, toute réjouissante que soit la volonté d'atteindre la parité hommes-femmes au cabinet fédéral, il faut bien se rendre à l'évidence et admettre que c'est ce qui pourra écarter François-Philippe Champagne d'un premier cabinet de Justin Trudeau. Heureusement, ça ne ferait pas de lui un moins bon député. 

Et si contre toute attente il obtient un ministère, alors ce sera une occasion supplémentaire de se réjouir. 

Mais ne mettons pas la charrue devant les boeufs.

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