Un virage obligé

Aurait-on dû choisir le parc de l'Expo, par... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Aurait-on dû choisir le parc de l'Expo, par exemple, plutôt que d'acheter un nouveau terrain au District 55?

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est le dernier scénario que souhaitait la Ville de Trois-Rivières: elle va devoir finalement prendre à ses frais la construction du nouveau Colisée qui sera réalisé au pied du pont Laviolette.

Cette décision indique que le projet va finir par se mettre en branle avant longtemps. Ça fait des années qu'il est dans les plans. D'abord, en partenariat avec la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, puis avec l'UQTR et plus récemment avec le Groupe Robin, promoteur du développement District 55. 

 Le maire Yves Lévesque misait beaucoup sur cette dernière option, à partir du moment où les deux premières se sont effondrées pour des raisons financières; mais voilà, la subvention de 26,8 millions $ réservée par Québec pour la réalisation du projet ne peut pas être attribuée à une entreprise privée, même si elle finance la moitié du projet qu'on évalue à 56 millions $ et même si elle a la Ville de Trois-Rivières comme locataire pendant des décennies. Devant ce constat, le maire vient de décider que la Ville irait de l'avant toute seule.

 Elle recevra donc la subvention prévue et financera le reste du projet. Pas question non plus pour elle de miser sur un organisme à but non lucratif, comme l'a fait la Commission scolaire pour le Complexe sportif Alphonse-Desjardins dont elle a misérablement perdu le contrôle, d'autant plus que la Ville aurait dû de toute façon, dans un tel cas, s'en porter garante et assumer d'éventuels dérapages.

 Dans le meilleur des cas, la Ville souhaitait plutôt s'engager à louer des heures de glace à qui prendrait en charge le projet. Ce faisant, elle n'assumait aucun risque financier et en plus, elle aurait reçu soit des en-lieux de taxes si le projet s'était concrétisé par la Commission scolaire ou bien par l'UQTR, soit des taxes complètes si le Groupe Robin en avait été le propriétaire. Évidemment, si le District 55 se développe encore plus vite avec le voisinage du Colisée, qu'un centre de foires et un hôtel s'élèvent sur place tel que prévu, cela rapportera dans l'avenir plus de taxes à la Ville. Mais nous n'en sommes pas encore là.

Pour l'instant, Trois-Rivières se lance donc dans un autre chantier public majeur. À la différence du très controversé amphithéâtre qui était un pari sur le développement économique et touristique, la construction d'un nouveau Colisée vise d'abord à répondre aux besoins pressants d'une ville en expansion. 

Certains pourraient croire que la Ville a avantage à rénover le vieux Colisée et l'aréna Jean-Guy-Talbot du secteur Cap-de-la-Madeleine qui tombe en ruines. Mais voilà, elle perdrait alors la subvention gouvernementale qui est expressément destinée à une nouvelle construction et non à des projets de rénovation. Est-ce que le programme de soutien aux infrastructures que promet le nouveau gouvernement Trudeau pourrait venir à la rescousse? On en sait trop rien pour l'instant.

Et puis la Ville estime que le temps presse et compte aussi sur un aménagement moderne et un espace pouvant accueillir 5000 personnes au cas où une équipe de la LHJMQ finirait par se réinstaller à Trois-Rivières. Bref, le maire ne veut pas rafistoler deux vieux arénas, mais en profiter pour doter Trois-Rivières d'un colisée plus imposant capable d'accommoder les Trifluviens pour des décennies à venir.

Le maire a annoncé sa décision, lundi soir. Elle n'a pas suscité beaucoup de réactions dans le tumulte des élections du début de la semaine, mais on peut croire qu'il y aura des questionnements et des grincements de dents. D'abord sur le coût estimé. Et puis sur l'emplacement. 

Aurait-on dû choisir le parc de l'Expo, par exemple, plutôt que d'acheter un nouveau terrain au District 55? Aurait-on dû opter pour rapprocher le colisée du Complexe sportif Alphonse-Desjardins du côté est de la ville? Ou bien encore, est-il absolument nécessaire que la Ville compte sur un colisée de 5000 places? Tant que ce sont les autres qui devaient gérer le projet, ces questions étaient moins d'actualité, elles vont certainement le devenir.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer